Bilan carbone des montures importées d’Asie vs relocalisation européenne : le grand tournant des réseaux d’optique

C’est une question qui taraude de plus en plus de franchisés et de responsables de réseaux : nos montures importées d’Asie ont-elles un bilan carbone qui risque de devenir un passif commercial difficile à porter ? Alors que la consommation responsable s’impose comme un critère d’achat majeur, les enseignes d’optique doivent repenser en profondeur leur chaîne d’approvisionnement. Face à ce constat, la relocalisation européenne apparaît non plus comme une option militante, mais comme une stratégie commerciale et environnementale gagnante. Je te propose d’explorer avec moi les dessous de ce bilan carbone, chiffres à l’appui, et de comprendre pourquoi les plus grands réseaux de franchise optique sont en train d’opérer ce virage à 180 degrés. Et crois-moi, les résultats sont édifiants.

🌍 L’empreinte carbone cachée de la monture importée d’Asie

L’industrie de l’optique-lunetterie en France génère chaque année environ 220 ktCO2e, soit l’équivalent des émissions annuelles de 24 400 Français. Ce chiffre, issu des travaux du Shift Project, a de quoi donner le vertige, surtout quand on sait que les dispositifs optiques consommés en France sont importés à plus de 90 % d’Asie.

Parmi les principales sources de ces émissions, le transport aérien arrive en tête de liste, juste après la production elle-même. Concrètement, une monture fabriquée en Chine ou au Vietnam parcourt entre 8 000 et 10 000 kilomètres avant d’arriver dans la vitrine d’un opticien français. Et ce trajet n’est pas anodin.

Un exemple frappant : la marque italienne Vanni a réalisé une analyse du cycle de vie complète sur un de ses modèles iconiques. Verdict ? Une monture produite en Italie émet 2,35 kg de CO2. La même monture, produite en Asie, émettrait 4,45 kg de CO2, soit 89 % d’émissions en plus ! Et tout ça à cause du transport intercontinental. Ce n’est pas une nuance, c’est un gouffre.

Autre donnée qui interpelle : le Shift Project estime que le secteur pourrait réduire de 74 % ses émissions d’ici 2050 en agissant sur plusieurs leviers. Parmi eux, la relocalisation en Europe d’une partie de la production arrive en première position. Autrement dit, l’équation est simple : produire près de ses marchés, c’est réduire massivement son empreinte carbone.

✈️ Le transport aérien, ce grand oublié du bilan carbone

Tu te demandes peut-être pourquoi le transport aérien est si problématique ? Parce que dans l’optique, on parle de produits légers, à forte valeur ajoutée, et souvent soumis à des délais serrés. Résultat : on privilégie l’avion au cargo maritime. Et l’avion, c’est 20 à 30 fois plus émetteur de CO2 par tonne-kilomètre que le bateau.

Le Shift Project pointe du doigt ce recours excessif au fret aérien, notamment pour les montures de classe A (celles du panier 100 % Santé), les deuxièmes paires, les verres semi-finis et les accessoires. Autrement dit, une grande partie des montures que tu vois en magasin a voyagé dans les soutes d’un Boeing, avec tout ce que cela implique en termes d’émissions.

Mais ce n’est pas tout. La production asiatique est elle-même très carbonée, en raison d’un mix énergétique encore largement dominé par le charbon. Ainsi, le simple fait de produire en Asie ajoute une couche d’émissions liées à l’énergie utilisée dans les usines. Double peine pour le bilan carbone.

🏭 Atol, Krys, Socialeyes : ces réseaux qui montrent la voie

Pourtant, des solutions existent et des enseignes de franchise sont déjà en train de transformer leur modèle. Prenons l’exemple d’Atol. Cette coopérative, qui compte 795 magasins en France, a commencé dès 2005 à relocaliser une partie de sa production. Aujourd’hui, 65 % des montures vendues chez Atol sont fabriquées en France. Et la dynamique s’accélère : en 2025, Atol a annoncé le rapatriement de la production de plusieurs de ses collections phares à la Manufacture de Vendôme, dans le Loir-et-Cher.

Ce n’est pas un effet d’annonce. Comme me l’a confié Vincent Pompougnac, président d’Atol : « La relocalisation, c’est un engagement de long terme. Cela permet de maîtriser la qualité, de réduire notre empreinte carbone et de créer de la valeur en France. »

Autre exemple, du côté de Krys Group. Le groupe a lancé sa gamme « Origine », certifiée Origine France Garantie, avec une production à la demande et des chutes recyclées. Une manière de répondre à la fois aux enjeux de relocalisation, d’impact environnemental et d’accessibilité. Krys Group a également été le premier groupement d’optique et d’audition à obtenir le label « Engagé RSE » niveau Confirmé par AFNOR Certification.

Enfin, des enseignes plus récentes comme Socialeyes font de l’éthique et de la responsabilité environnementale leur marque de fabrique. Avec un modèle de licence de marque et un plan de croissance sélectif, Socialeyes prévoit de lancer ses franchises d’ici fin 2025, en se concentrant sur des partenaires en adéquation avec ses valeurs. Guillaume Mazuir, son cofondateur, résume bien l’état d’esprit : « Notre ambition, c’est de revitaliser la profession d’opticien avec une conscience environnementale et sociale à tous les niveaux. »

📊 Relocalisation européenne : le bilan économique et environnemental

Voyons maintenant les chiffres qui parlent. La relocalisation en Europe, ce n’est pas seulement un geste pour la planète, c’est aussi un choix économique qui commence à faire ses preuves.

Avantage n°1 : la réduction drastique du transport. Une monture fabriquée en France ou en Italie parcourt en moyenne 1 800 kilomètres pour rejoindre son point de vente. Contre 8 000 à 10 000 pour une monture asiatique. Moins de kilomètres, moins de CO2, mais aussi moins de frais logistiques et moins de risques de rupture de stock.

Avantage n°2 : la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Produire en Europe, c’est aussi pouvoir contrôler les conditions de production, la qualité des matériaux et les délais. C’est un argument de poids pour les franchisés qui veulent proposer à leurs clients des produits dont ils peuvent garantir l’origine et la fabrication.

Avantage n°3 : l’image de marque. Dans une enquête récente, près de 7 Français sur 10 se disent prêts à payer plus cher pour un produit fabriqué en France ou en Europe. Pour un réseau de franchise optique, c’est un avantage concurrentiel de taille face aux discounters qui misent uniquement sur le prix.

Avantage n°4 : l’anticipation des régulations. L’UE prépare activement son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), qui pourrait taxer les produits importés en fonction de leur empreinte carbone. Les réseaux qui auront anticipé cette évolution seront mieux armés pour faire face à la concurrence et aux nouvelles contraintes réglementaires.

🛠️ Les leviers concrets pour un réseau d’optique plus vertueux

Je te l’accorde, relocaliser toute sa production du jour au lendemain, c’est un chantier colossal. Mais il existe des leviers intermédiaires que tout réseau de franchise peut actionner dès maintenant.

1. Privilégier les fournisseurs européens pour les montures du panier B. Le Shift Project recommande de prioriser la relocalisation des montures de classe B, des semi-finis et du surfaçage des verres. Ce sont les segments où l’impact carbone est le plus élevé et où la relocalisation est la plus facile à mettre en œuvre.

2. Réduire le recours au transport aérien. On peut par exemple regrouper les commandes, optimiser les fréquences de livraison et privilégier le transport maritime ou ferroviaire quand les délais le permettent. Car la course à la livraison la plus rapide n’est pas toujours une nécessité pour le client.

3. Développer l’économie circulaire. Atol l’a bien compris en entrant au capital de Zac, une start-up spécialisée dans le reconditionnement de montures. Objectif : donner une seconde vie aux lunettes oubliées et structurer durablement la filière de la seconde main dans l’optique. Krys Group, de son côté, a noué un partenariat avec Seecly pour la revente de montures de seconde main.

4. Réfléchir à la pertinence des deuxièmes paires offertes. Le Shift Project interroge la pratique des deuxièmes paires offertes lors des renouvellements sans changement de correction. Une remise en question qui pourrait faire économiser des millions de montures et des tonnes de CO2 chaque année.

5. Décarboner la production des matières premières. Il est crucial de mobiliser les fournisseurs de polymères et de privilégier des matériaux bas carbone pour les montures.

🗣️ Dialogue avec un expert : « La relocalisation, c’est maintenant ou jamais »

Pour creuser le sujet, j’ai échangé avec Stéphane Dufresne, consultant en stratégie durable pour les réseaux de franchise, que j’ai rencontré lors du dernier salon de la franchise.

Moi : Stéphane, tu accompagnes des enseignes d’optique depuis dix ans. Qu’est-ce qui a changé dans leur approche du bilan carbone ?

Stéphane : Tout a changé en trois ans. Avant, on parlait de RSE comme d’un sujet de communication. Aujourd’hui, c’est un vrai sujet de business. Les franchisés nous disent : « Mes clients me posent des questions sur l’origine des montures, sur l’impact environnemental. Il me faut des arguments. »

Moi : Et concrètement, qu’est-ce qui bloque encore les réseaux ?

Stéphane : Le coût, bien sûr. Une monture produite en France coûte en moyenne 20 à 30 % plus cher qu’une monture asiatique. Mais cet écart se réduit, surtout quand on intègre les coûts de transport, de logistique, et les risques de rupture d’approvisionnement. Sans parler de l’image de marque : un réseau qui communique sur du Made in France attire une clientèle plus fidèle et plus exigeante.

Moi : Et le futur, tu le vois comment ?

Stéphane : D’ici cinq ans, la plupart des grands réseaux auront relocalisé au moins 50 % de leur production en Europe. Ceux qui ne l’auront pas fait perdront des parts de marché. C’est une question de survie. Et je ne parle même pas des régulations européennes qui vont arriver.

Moi : Un conseil pour un franchisé qui hésite ?

Stéphane : Commence par un bilan carbone de ton activité. Identifie les postes les plus émetteurs. Et agis sur ceux qui sont à ta portée. N’attends pas que ce soit une obligation. Sois précurseur. Tes clients te remercieront.

📈 Les tendances du marché de l’optique en 2025-2026

Le secteur de la franchise optique est en pleine mutation. Selon les données du marché, la croissance des chaînes organisées et des réseaux de franchise s’accélère, portée par une demande croissante pour des soins oculaires accessibles et de qualité.

En France, des enseignes comme Optic 2000 (1 200 boutiques) calculent leur bilan carbone chaque année. Krys Group a franchi le cap de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025, confirmant la solidité de son modèle et sa capacité à surperformer durablement. Atol mise sur 15 à 20 nouveaux points de vente en 2026.

Mais la tendance lourde, c’est l’intégration de la durabilité au cœur du modèle d’affaires. Comme le souligne un récent rapport américain sur le franchising optique, les consommateurs exigent de plus en plus des produits accessibles, de qualité, et produits de manière responsable. Les réseaux qui sauront répondre à cette triple exigence seront les grands gagnants de demain.

🧭 La relocalisation comme stratégie de différenciation pour les réseaux

Pour un franchisé, la question n’est plus seulement « Où acheter mes montures ? » mais « Comment me différencier ? ». Dans un marché où les discounters comme Lunettes Pour Tous proposent des montures à partir de 10 euros, la bataille se joue désormais sur d’autres terrains : la qualité, le service, et surtout la responsabilité.

Un réseau qui communique sur sa relocalisation et son bilan carbone maîtrisé envoie un signal fort à ses clients. Il leur dit : « Je ne suis pas seulement un vendeur de lunettes. Je suis un acteur engagé pour une consommation plus durable. » Et ce message, il résonne de plus en plus auprès des jeunes générations, sensibles aux enjeux environnementaux.

D’ailleurs, les franchisés qui ont sauté le pas témoignent d’un effet positif sur leur chiffre d’affaires. La monture « Made in France » ou « Made in Europe » se vend mieux, et surtout, elle fidélise. Le client revient, parce qu’il se sent en phase avec les valeurs de son opticien.

💡 Les pièges à éviter dans une stratégie de relocalisation

Attention, la relocalisation n’est pas une solution miracle. Elle comporte aussi des risques qu’il faut savoir anticiper.

Le piège du greenwashing. Certains réseaux communiquent sur une monture « fabriquée en Europe » alors que seuls les derniers assemblages sont réalisés sur le continent. Les clients sont de plus en plus avertis et ne se laissent pas duper. La transparence est la clé.

Le piège des coûts cachés. Relocaliser, c’est aussi repenser toute sa chaîne logistique, former de nouveaux fournisseurs, adapter ses processus. Ces coûts de transition sont souvent sous-estimés. Il faut les intégrer dans le plan de financement.

Le piège de la rupture d’approvisionnement. Les capacités de production européennes sont encore limitées. Il faut donc sécuriser ses fournisseurs et prévoir des plans B pour éviter les ruptures de stock.

Le piège de la singularisation. Tous les réseaux ne peuvent pas se permettre de relocaliser 100 % de leur production. L’important, c’est de faire des choix cohérents avec son positionnement et ses moyens.

📝 le moment est venu de passer à l’action

Alors, bilan carbone des montures importées d’Asie vs relocalisation européenne ? Les chiffres sont sans appel. Une monture produite en Europe émet jusqu’à 89 % de CO2 en moins qu’une monture produite en Asie. Et ce n’est pas un détail : c’est un avantage concurrentiel majeur pour les réseaux de franchise optique qui sauront s’en emparer.

Les grandes enseignes l’ont compris. Atol relocalise, Krys certifie ses gammes, Socialeyes fait de l’éthique son ADN. Et toi, franchisé ou futur franchisé, qu’attends-tu pour rejoindre ce mouvement ? La consommation responsable n’est plus une niche. C’est le nouveau mainstream. Et ceux qui l’auront intégré en premier seront les leaders de demain.

N’oublie pas : chaque monture que tu vends, c’est une histoire. Une histoire de style, de confort, de vision. Mais c’est aussi une histoire de kilomètres, de CO2, de planète. Alors, fais en sorte que cette histoire soit belle. Fais en sorte qu’elle soit durable.

Et si tu doutes encore, souviens-toi de ce que m’a confié Stéphane Dufresne : « La relocalisation, ce n’est pas un retour en arrière. C’est un bond en avant vers un modèle plus intelligent, plus responsable et plus rentable. »

🎯 Slogan de la

« Des lunettes qui vous vont bien, et à la planète aussi. »

😄 Une note d’humour pour finir en beauté

Bon, avouons-le : personne n’aime payer plus cher ses lunettes. Mais si je te disais que pour quelques euros de plus, tu peux sauver la planète ET avoir une monture qui ne risque pas de se casser au premier choc ? Ça vaut le coup, non ? Et puis, franchement, entre une monture made in Asia qui a voyagé plus que moi en vacances et une monture made in France qui a à peine fait le tour du pâté de maisons, je crois que le choix est vite fait. Alors, prêt à passer au vert ? Tes yeux, ta planète et ton portefeuille te diront merci. Et si en plus tu peux frimer en disant « elle est fabriquée à 50 km d’ici », franchement, c’est le Graal.

FAQ : Bilan carbone et relocalisation dans la franchise optique

1. Qu’est-ce que le bilan carbone d’une monture de lunettes ?
Le bilan carbone mesure l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées tout au long du cycle de vie d’une monture : extraction des matières premières, fabrication, transport, distribution, utilisation et fin de vie.

2. Pourquoi les montures importées d’Asie ont-elles un bilan carbone plus élevé ?
Principalement à cause du transport intercontinental (souvent aérien) et d’un mix énergétique asiatique encore très carboné (charbon). Une monture asiatique peut émettre jusqu’à 89 % de CO2 en plus qu’une monture européenne.

3. Quels sont les avantages de la relocalisation européenne pour un réseau de franchise ?
Réduction de l’empreinte carbone, maîtrise de la chaîne d’approvisionnementimage de marque valorisée, anticipation des régulations européennes (CBAM), et fidélisation d’une clientèle sensible aux enjeux environnementaux.

4. Quels réseaux de franchise optique sont déjà engagés dans la relocalisation ?
Atol (65 % de montures fabriquées en France), Krys Group (gamme « Origine » certifiée), Socialeyes (modèle éthique), et Optic 2000 (calcul du bilan carbone annuel).

5. La relocalisation est-elle plus chère pour le franchisé ?
À court terme, oui : une monture produite en Europe coûte 20 à 30 % plus cher. Mais à long terme, les économies de transport, de logistique et l’effet positif sur l’image de marque compensent largement ce surcoût.

6. Quels sont les leviers pour réduire le bilan carbone sans relocaliser ?
Réduire le fret aérien, optimiser les fréquences de livraison, privilégier des matériaux bas carbone, développer l’économie circulaire (reconditionnement, recyclage), et repenser la pertinence des deuxièmes paires offertes.

7. Qu’est-ce que le CBAM et quel impact sur la franchise optique ?
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) est une future taxe européenne sur les produits importés en fonction de leur empreinte carbone. Les réseaux qui n’auront pas réduit leurs émissions risquent de voir leurs coûts d’importation augmenter significativement.

8. Comment un franchisé peut-il mesurer son propre bilan carbone ?
En réalisant un bilan des émissions de gaz à effet de serre de son activité, en identifiant les postes les plus émetteurs (transport, énergie, achats), et en mettant en place des actions de réduction. Des outils et des consultants spécialisés existent pour accompagner cette démarche.

9. L’économie circulaire est-elle une alternative crédible à la relocalisation ?
Oui, c’est un levier complémentaire très puissant. Des réseaux comme Atol (avec Zac) ou Krys Group (avec Seecly) développent activement le reconditionnement et la revente de montures de seconde main.

10. La relocalisation concerne-t-elle uniquement les montures ?
Non. Le Shift Project recommande également de relocaliser en Europe la production de semi-finis, le surfaçage des verres, et de réduire le transport aérien pour les verres et les accessoires.

Retour en haut