L’électrostimulation musculaire (EMS) a conquis le monde du fitness en franchise. Avec des séances de vingt-cinq minutes équivalant à quatre heures de sport traditionnel, ces studios séduisent une clientèle pressée et connectée. Les réseaux de franchise comme Iron Bodyfit, qui revendique 244 studios dans onze pays et un chiffre d’affaires de 64,1 millions d’euros en 2025, incarnent cette success story entrepreneuriale. Pourtant, une question demeure, rarement posée dans les salons de la franchise ou les business plans : quel est le poids environnemental des tenues textiles utilisées dans ces studios ? Entre la fabrication des combinaisons techniques et leur lavage quotidien, l’empreinte carbone de ces équipements pourrait bien devenir un sujet stratégique pour les réseaux.
Prenez un café, installez-vous confortablement. Aujourd’hui, on va parler de chiffres, de textile, de planète et de business. Parce qu’en tant que franchisé ou futur franchisé, vous avez tout intérêt à anticiper cette révolution silencieuse. Et croyez-moi, elle va secouer le marché.
Je m’appelle Julien Mercier, consultant en stratégie de franchise durable. Je travaille avec une dizaine de réseaux de fitness sur leur transition écologique. Et je vous le dis franchement : l’empreinte carbone des tenues EMS est le sujet dont personne ne parle, mais que tout le monde va devoir affronter.
La face cachée de la combinaison EMS : une fabrication énergivore
Commençons par le commencement : la fabrication des vêtements d’électrostimulation. Ces tenues ne sont pas des simples t-shirts en coton. Elles intègrent des textiles techniques, des électrodes conductrices, des fibres synthétiques comme le polyamide et l’élasthanne, et parfois même des encres conductrices à base d’argent ou de carbone. Chaque combinaison est le fruit d’un processus industriel complexe.
Le secteur du textile dans son ensemble pèse lourd : il représente environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour les vêtements de sport, la donne est encore plus critique. La production de polyester vierge, qui constitue aujourd’hui 57 % de la production mondiale de fibres, est particulièrement carbonée. Pour une tenue EMS, dont la teneur en matières synthétiques dépasse souvent 80 %, l’impact est considérable.
Je discute souvent avec des franchiseurs qui me disent : « Julien, nos combinaisons viennent d’Asie, c’est moins cher. » Certes. Mais le transport maritime ajoute une couche supplémentaire à l’empreinte carbone. Et ce n’est pas tout : la teinture et la finition des textiles représentent à elles seules 36 % des impacts polluants de l’industrie. Pour des tenues aux couleurs vives des réseaux de franchise, les bains de teinture et les traitements chimiques sont multiples.
Les études montrent que l’empreinte carbone des produits textiles en coton varie généralement de 15 à 50 kg CO2-équivalent par kilogramme de textile. Pour des matériaux synthétiques haute performance, ce chiffre peut être plus élevé encore.
Le lavage quotidien : le poste qui tue (littéralement)
Mais le plus gros du problème se joue après l’achat. Chaque jour, dans chaque studio EMS, les combinaisons sont portées, transpirées, puis lavées en machine. Multipliez cela par le nombre de séances, par le nombre de studios d’un réseau.
Un polyester T-shirt a une empreinte carbone d’environ 0,082 tonne CO2e. Une combinaison EMS, plus lourde et plus technique, pèse davantage. Et chaque lavage à 40°C, chaque passage au sèche-linge, chaque repassage ajoute son écot. Les cycles de lavage consomment de l’électricité, de l’eau, et libèrent des microplastiques dans les océans.
Une étude récente a montré que la température de lavage, la pratique du séchage et du repassage influencent considérablement le bilan carbone.
Pourquoi les réseaux de franchise doivent s’en soucier maintenant
Vous me direz : « Julien, mes clients viennent pour l’EMS, pas pour l’écologie. » Détrompez-vous. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’impact environnemental des services qu’ils consomment. La durabilité devient un critère de choix.
Et puis, il y a l’aspect économique. Les prix de l’énergie augmentent. Les réglementations se durcissent. La taxe carbone pourrait un jour s’appliquer aux textiles importés. Les réseaux de franchise qui anticipent ces évolutions auront une longueur d’avance.
L’Observatoire de la franchise souligne que le marché du fitness en France pèse 2,5 milliards d’euros avec 7,3 millions d’adhérents. L’EMS représente un segment de ce marché en pleine croissance. Mais cette croissance pourrait être freinée si les réseaux ne prennent pas le virage de la durabilité.
Solutions concrètes pour réduire l’empreinte carbone
Alors, que faire ? Voici quelques pistes concrètes :
1. Choisir des fournisseurs éco-responsables. Des certifications comme GOTS ou ISO 14001 garantissent une fabrication plus propre. Le label Nordic Swan Ecolabel permet de réduire de 15 % l’empreinte carbone d’un t-shirt de sport.
2. Optimiser la logistique. La fabrication en Europe réduit les distances de transport. Certains fabricants comme Syttex se positionnent comme des leaders mondiaux dans la conception de vêtements d’électrostimulation, avec des solutions personnalisées.
3. Repenser le lavage. Encourager les franchisés à laver à basse température (30°C au lieu de 40°C), à éviter le sèche-linge, et à utiliser des lessives écologiques. Des études montrent qu’un lavage à 30°C peut réduire l’empreinte carbone de près de 40 % par rapport à un lavage à 60°C.
4. Prolonger la durée de vie. Des combinaisons plus résistantes, des programmes de réparation, voire de recyclage en fin de vie.
5. Utiliser la technologie 3D. La modélisation 3D pour la conception des tenues permet de réduire de 24,8 % les émissions de CO2 et de 48 % la matière utilisée par rapport aux processus traditionnels. C’est un gain considérable, tant pour l’environnement que pour les coûts de production.
Dialogue avec un franchiseur
— « Mais Julien, tout ça va coûter plus cher ! » me dit souvent un franchiseur.
— « Pas forcément. À long terme, vous y gagnez. Moins d’énergie, moins de produits chimiques, moins de remplacements. Et une image de marque renforcée. »
— « Et mes franchisés, ils vont accepter ? »
— « Ils n’auront pas le choix si vous intégrez ces critères dans votre cahier des charges. Et puis, c’est aussi une opportunité de se différencier sur un marché concurrentiel. »
L’avis de l’expert : le développement durable, un levier de croissance
Je suis formel : la durabilité n’est pas un frein, c’est un accélérateur. Les réseaux de franchise qui intègrent l’empreinte carbone de leurs tenues EMS dans leur stratégie attirent des franchisés plus engagés et des clients plus fidèles.
Le futur de la franchise EMS sera durable
Alors, oui, mesurer l’empreinte carbone des tenues EMS, c’est technique. Ça demande du temps, de l’investissement, de la rigueur. Mais c’est aussi une formidable opportunité. C’est l’occasion de montrer que la franchise peut être moderne, performante et responsable.
Je vous le dis : dans cinq ans, les candidats à la franchise poseront systématiquement la question de l’impact environnemental. Les réseaux qui auront anticipé seront ceux qui recruteront les meilleurs franchisés.
Alors, chers franchiseurs, chers franchisés, prenez le problème à bras-le-corps. Interrogez vos fournisseurs. Formez vos équipes. Communiquez sur vos efforts. Et n’oubliez jamais : une combinaison EMS, c’est bien. Une combinaison EMS durable, c’est mieux.
💡 Slogan : « Chez nous, la performance ne se mesure pas qu’en watts, mais aussi en tonnes de CO2 évitées. »
😄 Et si jamais vous doutez encore de l’importance de ce sujet, rappelez-vous : vos clients transpirent dans ces combinaisons. La planète aussi. Alors, autant que ce soit pour une bonne cause, non ?
FAQ
Q : Quelle est l’empreinte carbone moyenne d’une combinaison EMS ?
R : Il n’existe pas de chiffre standardisé, mais une estimation raisonnable se situe entre 20 et 50 kg CO2-équivalent par combinaison, en tenant compte de la fabrication, du transport et des premiers lavages.
Q : Les combinaisons EMS peuvent-elles être recyclées ?
R : Actuellement, le recyclage des textiles techniques est complexe en raison du mélange de fibres et des composants électroniques. Cependant, des solutions émergent, comme le recyclage chimique.
Q : Quel est l’impact du lavage en machine ?
R : Un lavage à 40°C avec séchage en machine peut ajouter jusqu’à 5 kg CO2-équivalent par cycle. Réduire la température et éviter le sèche-linge diminue significativement cet impact.
Q : Les certifications comme Oeko-Tex garantissent-elles une faible empreinte carbone ?
R : Pas directement. Oeko-Tex certifie l’absence de substances nocives, mais pas l’empreinte carbone. Pour cela, il faut regarder des labels comme le Nordic Swan Ecolabel ou la norme ISO 14001.
Q : Les franchiseurs imposent-ils des critères écologiques pour les tenues ?
R : Encore rarement, mais la tendance s’accélère. Certains réseaux commencent à intégrer des clauses de durabilité dans leurs contrats de franchise.
