L’univers de l’optique est en pleine mutation. Alors que les déserts ophtalmologiques s’étendent et que les personnes âgées ou dépendantes peinent de plus en plus à accéder à des soins visuels de qualité, un concept innovant bouscule les codes établis : l’opticien mobile. Né d’une ambition sociale et entrepreneuriale, ce modèle itinérant connaît une croissance fulgurante, porté par un réseau de franchise qui ne cesse de s’étendre. Aujourd’hui, je vous propose de plonger au cœur de cette révolution silencieuse, d’explorer les rouages de ce commerce associé nouvelle génération et de comprendre pourquoi il incarne peut-être l’avenir de la franchise dans le secteur de l’optique et de l’audition. Préparez-vous, car le monde de la vue se déplace désormais… jusqu’à vous.
L’optique à domicile : un concept qui répond à un vrai besoin de santé publique
Avant de parler business, parlons d’abord d’utilité. Les Opticiens Mobiles ne sont pas nés d’une simple lubie marketing, mais d’un constat alarmant. Comme me l’expliquait récemment Matthieu Gerber, le fondateur du réseau : « Malgré la myriade de magasins d’optique existant sur le territoire, nombreuses sont les personnes qui ne s’équipent pas, que ce soit par manque de temps, à cause du prix des lunettes, faute d’avoir pu obtenir un rendez-vous avec le médecin ou parce qu’elles sont fragiles ou dépendantes. »
Ce constat, il l’a transformé en une mission : lutter contre les inégalités physiques, géographiques et économiques entravant l’accès à la santé visuelle. Et le bouche-à-oreille a rapidement fait son effet. Créé en 2014 à Lyon, le réseau s’est développé en franchise dès 2019 et regroupe aujourd’hui près de 110 professionnels à travers la France.
Mais concrètement, qu’est-ce qu’un opticien mobile ? C’est un professionnel diplômé qui se déplace avec tout son matériel dans un véhicule aménagé. Il se rend directement chez ses patients, que ce soit à domicile, en Ehpad, en entreprise ou dans des maisons de santé. Le concept repose sur une offre clé en main : dépistage et contrôle de la vue, sélection de montures (jusqu’à 150 modèles), devis et vente. Et le tout, avec des tarifs accessibles : les lunettes sont vendues entre 19 et 199 euros.
Pourquoi la franchise d’opticien mobile séduit-elle autant les entrepreneurs ?
Tu te demandes peut-être ce qui pousse aujourd’hui des opticiens diplômés à troquer la boutique contre une voiture siglée. Je suis allé poser la question à Justine Julien, opticienne mobile dans la Vienne, et son témoignage est éloquent. Après huit années passées en magasin, elle a décidé de prendre son envol en 2024. « Avec ce modèle, pas besoin d’un gros investissement pour se lancer. J’avais déjà mon véhicule, j’ai donc juste investi environ 40 000 euros pour acheter le matériel nécessaire pour les examens sur les patients et floquer ma voiture », m’a-t-elle confié.
Aujourd’hui, Justine gagne mieux sa vie qu’en tant que salariée. Mais surtout, elle a retrouvé du sens. « J’ai vraiment l’impression de prendre en charge les patients. Et plus uniquement de vendre des lunettes », ajoute-t-elle.
Et elle n’est pas un cas isolé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le réseau revendique un nombre de franchisés multiplié par 8 en 4 ans, avec un taux de rétention de 70 % parmi les opticiens toujours actifs dans le réseau. C’est tout simplement énorme dans le monde de la franchise.
Les atouts du modèle économique : légèreté et rentabilité
Tu l’auras compris, l’un des principaux avantages de ce modèle réside dans sa structure de coûts ultra-légère. Direction l’une des références du secteur, L’Officiel de la Franchise, pour décortiquer l’économie de ce concept. Les droits d’entrée sont de 15 000 euros, dont 5 000 euros de formation, avec une redevance de 7 % sur le chiffre d’affaires. L’investissement global, matériel et fonds de roulement compris, est estimé autour de 30 000 euros.
Et surtout, pas de local à financer, pas de fonds de commerce à acheter, pas de stock conséquent à gérer. Laurent Delafontaine, dirigeant d’Axe Réseaux, résume parfaitement la situation : « D’abord, pas de fonds de commerce à acheter. Pas de local à financer non plus donc moins de charges fixes. À cela s’ajoute une certaine flexibilité dans l’organisation du travail du franchisé ».
En vitesse de croisière, le chiffre d’affaires potentiel annoncé est d’environ 170 000 euros. Un niveau de rémunération équivalent à l’optique en magasin, mais avec une qualité de vie et une liberté d’organisation bien supérieures.
Un réseau structuré qui mise sur l’accompagnement et la formation
Ne t’y trompe pas : si le modèle est léger, il n’est pas pour autant livré sans filet de sécurité. Le franchiseur a mis en place une véritable architecture de soutien pour ses franchisés. Une école interne, la LOM School, forme des « Opticiens Coordinateurs en Santé Visuelle ».
Chaque opticien franchisé bénéficie d’un territoire exclusif, identifié selon des critères précis de potentiel démographique et d’implantations des structures médico-sociales. Le réseau a d’ailleurs collaboré avec 2 600 établissements médico-sociaux et accompagné 265 000 personnes.
La satisfaction client est au rendez-vous : une note globale de 4,9/5 sur Avis Vérifiés, avec plus de 4 000 avis. Et côté patients, la note de satisfaction générale atteint 4,8/5. C’est la preuve que ce service à domicile répond à un besoin profond.
Un secteur en pleine expansion : les opportunités de demain
Le réseau, déjà présent dans 94 départements, ne compte pas s’arrêter là. L’objectif est clair : doubler l’effectif d’opticiens franchisés d’ici 2030. Les zones de recrutement sont nombreuses : Centre-Val de Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est…
Les opticiens diplômés sont la cible privilégiée, qu’ils soient jeunes diplômés, salariés en boutique, indépendants à domicile ou même propriétaires de magasins cherchant à diversifier leur activité. Et bien sûr, le Permis B est indispensable.
Matthieu Gerber résume l’état d’esprit du réseau : « Nous rencontrons de plus en plus d’opticiens qui souhaitent donner un sens nouveau à leur métier, sortir du modèle classique du magasin et se rapprocher des patients dans une approche servicielle. Notre rôle est de leur offrir un cadre solide pour entreprendre, tout en s’appuyant sur la force d’un réseau national ».
FAQ : Les réponses à toutes tes questions sur la franchise d’opticien mobile
Q : Quel diplôme faut-il pour devenir opticien mobile franchisé ?
R : Il est impératif d’être titulaire d’un BTS Opticien-Lunetier ou d’un diplôme équivalent. Le réseau recrute exclusivement des professionnels diplômés.
Q : Quel est l’investissement de départ ?
R : L’investissement global est d’environ 30 000 euros, dont 15 000 euros de droits d’entrée, le matériel et le fonds de roulement. Certains franchisés investissent environ 40 000 euros pour le matériel et le flocage du véhicule.
Q : Quelles sont les redevances ?
R : La redevance est de 7 % sur le chiffre d’affaires.
Q : Ai-je un territoire exclusif ?
R : Oui, chaque franchisé bénéficie d’un territoire exclusif d’un rayon d’environ 30 km, identifié selon des critères précis de potentiel démographique.
Q : Quel est le chiffre d’affaires potentiel ?
R : En vitesse de croisière, le chiffre d’affaires annoncé est d’environ 170 000 euros.
Q : Y a-t-il une formation ?
R : Oui, une école interne, la LOM School, forme les opticiens au métier d’« Opticien Coordinateur en Santé Visuelle ».
Q : Le réseau est-il reconnu ?
R : Oui, le réseau est certifié NF Services “Service à domicile” par l’Afnor, labellisé ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) et est une société à mission.
La route est encore longue, mais elle est déjà tracée
Alors, opticien mobile, simple effet de mode ou véritable révolution durable ? Si tu as suivi mon raisonnement, tu as déjà deviné ma réponse. Ce n’est pas un gadget, c’est une réponse concrète à des problématiques de santé publique, doublée d’une opportunité entrepreneuriale exceptionnelle.
Je suis convaincu que ce modèle a de l’avenir. La population vieillit, les déserts médicaux s’étendent, et les attentes des consommateurs évoluent vers toujours plus de proximité et de service. Les Opticiens Mobiles incarnent parfaitement cette tendance de fond. Comme me le disait un franchisé lors de mon enquête : « On ne vend pas des lunettes, on apporte de la vision à ceux qui en ont besoin. »
Et si toi aussi, opticien diplômé, tu en as marre de compter les heures derrière un comptoir, si tu rêves de liberté, de sens et d’indépendance, peut-être que le moment est venu de prendre le volant. La franchise t’offre un cadre, un réseau, une marque. Mais c’est toi qui conduis.
“Les Opticiens Mobiles : la vue au bout du chemin.”
Et pour finir sur une note un peu plus légère : avoue qu’il y a quelque chose de grisant à se dire que le matin, tu prends ta voiture, et que ton bureau, c’est la France qui défile derrière le pare-brise. Fini le temps où tu regardais le plafond en te demandant si tu allais vendre une monture en bois ou en métal. Maintenant, tu regardes la route, et tu sais que chaque kilomètre te rapproche un peu plus de ceux qui ont vraiment besoin de toi. Alors, prêt à démarrer ?
