🏩 Optimisation fiscale : la gestion des flux de trĂ©sorerie entre les diffĂ©rentes SAS d’un mĂȘme gĂ©rant

Tu es gĂ©rant de plusieurs SAS dans le secteur de la franchise ? Tu connais sĂ»rement ce sentiment partagĂ© entre la fiertĂ© d’avoir bĂąti un petit empire commercial et l’angoisse de voir ta trĂ©sorerie se disperser comme du sable entre tes doigts. Entre les redevances Ă  verser au franchiseur, les investissements dans de nouveaux points de vente et les besoins de financement de chaque structure, la gestion des flux de trĂ©sorerie entre tes diffĂ©rentes entitĂ©s peut vite devenir un casse-tĂȘte fiscal et financier. Pourtant, une optimisation fiscale bien pensĂ©e peut transformer cette complexitĂ© en un vĂ©ritable levier de performance. Dans cet article, je te propose de plonger avec moi dans les arcanes de la gestion de trĂ©sorerie intragroupe, pour que tu puisses piloter ton rĂ©seau de franchises comme un chef d’orchestre, et non plus comme un pompier de service.

1. Pourquoi la gestion des flux de trésorerie est cruciale pour un gérant multi-SAS en franchise

1.1. La réalité du terrain : plusieurs SAS, une seule vision

Imagine la scĂšne. Tu es gĂ©rant de trois SAS distinctes, chacune exploitant un point de vente sous une mĂȘme enseigne de franchise. La premiĂšre est un vĂ©ritable poumon financier, elle gĂ©nĂšre un cash-flow impressionnant. La deuxiĂšme est en phase de rodage, elle consomme plus qu’elle ne produit. La troisiĂšme, fraĂźchement ouverte, a besoin d’un apport en trĂ©sorerie pour boucler ses premiers mois d’activitĂ©. Sans une vision consolidĂ©e et une gestion centralisĂ©e des flux, tu te retrouves Ă  courir entre les comptes bancaires, Ă  contracter des dĂ©couverts coĂ»teux pour une SAS alors qu’une autre dort sur des excĂ©dents.

C’est lĂ  que la gestion des flux de trĂ©sorerie entre SAS prend tout son sens. Elle ne se limite pas Ă  un simple jeu d’écritures comptables. C’est une stratĂ©gie fiscale et financiĂšre qui permet d’optimiser la rentabilitĂ© globale de ton rĂ©seau de franchises.

1.2. L’enjeu fiscal : ne pas laisser l’administration fiscale dicter ta stratĂ©gie

L’un des principaux moteurs de cette rĂ©flexion, c’est bien sĂ»r la fiscalitĂ©. Chaque SAS est une personne morale distincte, imposĂ©e sĂ©parĂ©ment Ă  l’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s (IS). Si tu laisses chaque entitĂ© gĂ©rer sa trĂ©sorerie de maniĂšre isolĂ©e, tu risques de payer plus d’impĂŽts que nĂ©cessaire. Une SAS bĂ©nĂ©ficiaire paiera de l’IS sur ses rĂ©sultats, tandis qu’une autre, dĂ©ficitaire, ne pourra pas utiliser ces pertes pour rĂ©duire la base imposable du groupe, sauf Ă  mettre en place des mĂ©canismes spĂ©cifiques.

L’optimisation fiscale consiste prĂ©cisĂ©ment Ă  organiser les flux financiers entre tes SAS de maniĂšre Ă  lisser la charge fiscale globale, tout en restant parfaitement dans les clous de la lĂ©galitĂ©. Et croyez-moi, l’administration fiscale a l’Ɠil. Une convention de trĂ©sorerie mal ficelĂ©e ou des avances de trĂ©sorerie non formalisĂ©es peuvent ĂȘtre requalifiĂ©es en actes anormaux de gestion, avec Ă  la clĂ© des redressements fiscaux et des pĂ©nalitĂ©s qui font mal au portefeuille.

2. Les outils juridiques et financiers pour structurer les flux entre SAS

2.1. La convention de trésorerie intragroupe : le contrat indispensable

Si tu gĂšres plusieurs SAS, la convention de trĂ©sorerie est l’outil numĂ©ro un Ă  avoir dans ta boĂźte Ă  outils. Comme me le rappelle souvent mon ami Marc Delaunay, expert-comptable associĂ© du cabinet FiscaConseil : Â« Une convention de trĂ©sorerie, c’est le contrat de mariage de tes sociĂ©tĂ©s. Sans elle, chaque virement entre entitĂ©s est un adultĂšre financier aux yeux de l’administration fiscale. »

Et il a raison. La convention de trĂ©sorerie est un contrat Ă©crit qui organise les flux financiers entre les sociĂ©tĂ©s d’un mĂȘme groupe. Elle permet Ă  une entitĂ© disposant d’un excĂ©dent de trĂ©sorerie de financer une autre ayant un besoin ponctuel, sans passer par un Ă©tablissement bancaire. ConcrĂštement, elle centralise la trĂ©sorerie, rĂ©duit les coĂ»ts bancaires et amĂ©liore le pilotage financier global du groupe.

Les points clĂ©s d’une convention de trĂ©sorerie bien rĂ©digĂ©e :

ÉlĂ©mentPourquoi c’est important
Lien capitalistiqueLes sociĂ©tĂ©s doivent appartenir au mĂȘme groupe (holding ou actionnariat commun)
Taux d’intĂ©rĂȘt de marchéÉvite la requalification en avantage indu et l’application de l’article 57 du CGI
TraçabilitĂ© des fluxChaque mouvement doit ĂȘtre enregistrĂ© et justifiĂ©
ÉgalitĂ© de traitementToutes les sociĂ©tĂ©s du groupe doivent ĂȘtre traitĂ©es de maniĂšre Ă©quitable

2.2. Les deux modes de fonctionnement : flux directs ou société pivot

La convention de trĂ©sorerie peut fonctionner selon deux modes :

  • Les flux directs : chaque SAS prĂȘte ou emprunte directement Ă  une autre. C’est simple, mais ça peut devenir rapidement illisible quand le nombre d’entitĂ©s augmente.
  • La sociĂ©tĂ© pivot : une SAS holding centralise les excĂ©dents et les redistribue selon les besoins. C’est la solution privilĂ©giĂ©e par les franchisĂ©s multi-Ă©tablissements qui veulent une vision claire et consolidĂ©e de leur trĂ©sorerie groupe.

2.3. La holding : la clé de voûte de ton optimisation fiscale

Parlons maintenant de la holding. CrĂ©er une SAS holding pour chapeauter tes diffĂ©rentes SAS opĂ©rationnelles est l’une des stratĂ©gies fiscales les plus efficaces pour un gĂ©rant de franchises. La holding va pouvoir :

  • Remonter les dividendes de ses filiales en bĂ©nĂ©ficiant du rĂ©gime mĂšre-fille, qui permet une quasi-exonĂ©ration d’IS sur les dividendes perçus (95 % des dividendes sont exonĂ©rĂ©s).
  • Centraliser la trĂ©sorerie et redistribuer les fonds lĂ  oĂč ils sont nĂ©cessaires.
  • Financer de nouveaux dĂ©veloppements (ouverture de nouveaux points de vente, rachat d’un confrĂšre) sans avoir Ă  solliciter de prĂȘt bancaire.
  • Optimiser la rĂ©munĂ©ration du gĂ©rant en jouant sur l’arbitrage entre salaire et dividendes.

3. Les leviers d’optimisation fiscale pour un gĂ©rant multi-SAS

3.1. L’arbitrage entre rĂ©munĂ©ration et dividendes

C’est LE grand classique de l’optimisation fiscale pour un prĂ©sident de SAS. En tant que gĂ©rant, tu as la possibilitĂ© de te rĂ©munĂ©rer de deux maniĂšres :

  • Un salaire : soumis aux cotisations sociales (environ 45 % pour un cadre) et Ă  l’impĂŽt sur le revenu.
  • Des dividendes : soumis Ă  la flat tax de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prĂ©lĂšvements sociaux) ou au barĂšme progressif avec un abattement de 40 %.

La plupart des dirigeants optimisent en combinant un salaire modĂ©ré (pour valider des droits sociaux) et des dividendes (pour limiter les charges). Mais attention, l’équilibre est subtil. Un salaire trop bas peut ĂȘtre requalifiĂ© par l’URSSAF en travail dissimulĂ©. Un salaire trop Ă©levĂ©, c’est de l’argent qui part en cotisations plutĂŽt qu’en investissement.

3.2. Le taux rĂ©duit d’IS Ă  15 %

Autre levier important : le taux rĂ©duit d’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s de 15 % applicable aux premiers 42 500 € de bĂ©nĂ©fices pour les PME. Si tu as plusieurs SAS, tu peux rĂ©partir tes bĂ©nĂ©fices entre elles pour que chacune bĂ©nĂ©ficie de ce taux rĂ©duit, plutĂŽt que de concentrer tous les profits dans une seule entitĂ© qui serait imposĂ©e Ă  25 % sur la tranche au-delĂ  de 42 500 €.

3.3. L’intĂ©gration fiscale (optionnelle)

Pour les groupes de SAS ayant un lien capitalistique fort, l’intĂ©gration fiscale permet de ne former qu’un seul redevable de l’IS. Les rĂ©sultats des filiales (bĂ©nĂ©fices et dĂ©ficits) sont consolidĂ©s au niveau de la sociĂ©tĂ© mĂšre. Cela permet d’imputer les dĂ©ficits d’une filiale sur les bĂ©nĂ©fices d’une autre, rĂ©duisant ainsi la base imposable globale. C’est un outil puissant, mais il nĂ©cessite des conditions strictes (dĂ©tention d’au moins 95 % du capital, option irrĂ©vocable pour 5 ans, etc.).

4. Les piÚges à éviter dans la gestion des flux de trésorerie

4.1. L’absence de convention Ă©crite

Je te l’ai dit plus haut, et je le rĂ©pĂšte : ne jamais faire circuler de l’argent entre tes SAS sans convention de trĂ©sorerie écrite. Chaque avance de trĂ©sorerie, chaque prĂȘt, chaque remboursement doit ĂȘtre formalisĂ©. Sans cela, tu t’exposes Ă  des risques pĂ©naux (abus de biens sociaux, exercice illĂ©gal de l’activitĂ© bancaire) et fiscaux (requalification en acte anormal de gestion).

4.2. Le taux d’intĂ©rĂȘt non conforme

Si tu consens un prĂȘt entre tes SAS, le taux d’intĂ©rĂȘt doit ĂȘtre celui du marchĂ©. Un taux trop bas sera considĂ©rĂ© comme un avantage indu et pourra ĂȘtre rĂ©intĂ©grĂ© dans les rĂ©sultats imposables de la sociĂ©tĂ© prĂȘteuse. Un taux trop Ă©levĂ©, c’est un transfert de bĂ©nĂ©fices qui pourrait ĂȘtre requalifiĂ©.

4.3. La confusion des patrimoines

C’est l’écueil classique du gĂ©rant multi-sociĂ©tĂ©s. Tu as une trĂ©sorerie globale, tu utilises la carte bancaire de la SAS A pour payer une facture de la SAS B
 et paf, tu te retrouves avec une comptabilitĂ© impossible Ă  dĂ©mĂȘler et un risque de confusion de patrimoines qui peut mener Ă  une requalification en entreprise unique par l’administration fiscale.

Comme le dit si bien Marc Delaunay : Â« Un bon gĂ©rant, c’est comme un bon cuisinier. Il a plusieurs casseroles sur le feu, mais il sait laquelle mijote et laquelle est prĂȘte Ă  ĂȘtre servie. Il ne mĂ©lange pas les ingrĂ©dients d’un plat avec ceux d’un autre. »

5. Cas pratique : la gestion de trésorerie pour un franchisé multi-établissements

Prenons l’exemple de SophiegĂ©rante de quatre SAS exploitant des salons de coiffure sous la mĂȘme enseigne de franchise en rĂ©gion parisienne.

  • SAS A (Paris 9e) : bien Ă©tablie, CA de 450 k€, bĂ©nĂ©fice annuel de 60 k€, trĂ©sorerie excĂ©dentaire de 80 k€.
  • SAS B (Paris 11e) : ouverte depuis 18 mois, CA de 280 k€, bĂ©nĂ©fice de 15 k€, trĂ©sorerie juste Ă©quilibrĂ©e.
  • SAS C (Montreuil) : ouverte depuis 6 mois, CA de 120 k€, perte de 25 k€, besoin de financement de 40 k€ pour boucler l’annĂ©e.
  • SAS D (Nanterre) : projet d’ouverture dans 6 mois, besoin d’un apport de 50 k€.

Sans optimisation : Sophie va demander un dĂ©couvert pour la SAS C et un prĂȘt bancaire pour la SAS D. CoĂ»t : intĂ©rĂȘts bancaires, frais de dossier, et la SAS A paiera de l’IS sur ses 60 k€ de bĂ©nĂ©fices, tandis que la SAS C ne pourra pas dĂ©duire ses pertes.

Avec optimisation : Sophie met en place une SAS holding qui va :

  1. Centraliser la trésorerie de la SAS A via une convention de trésorerie.
  2. Accorder une avance de 40 k€ Ă  la SAS C (avec un taux d’intĂ©rĂȘt de marchĂ©, disons 3 %).
  3. Préparer le financement de la SAS D avec les fonds disponibles.
  4. Optimiser la rĂ©munĂ©ration de Sophie en versant des dividendes de la holding (exonĂ©rĂ©s Ă  95 % d’IS).
  5. Consolider les comptes pour avoir une vision claire de la rentabilité de chaque point de vente.

RĂ©sultat : Sophie Ă©conomise des intĂ©rĂȘts bancaires, rĂ©duit sa charge fiscale globale et garde le contrĂŽle total sur son rĂ©seau de franchises. Elle sait exactement oĂč va chaque euro et peut prendre des dĂ©cisions stratĂ©giques en toute connaissance de cause.

6. L’actualitĂ© des rĂ©seaux de franchises : pourquoi cette optimisation est plus que jamais d’actualitĂ©

6.1. La croissance des réseaux multi-établissements

Le modĂšle du franchisĂ© multi-Ă©tablissements est en pleine expansion. De plus en plus de franchisĂ©s ouvrent plusieurs points de vente sous la mĂȘme enseigne, voire rachĂštent les Ă©tablissements d’autres franchisĂ©s en difficultĂ©. Cette concentration rend la gestion de trĂ©sorerie et l’optimisation fiscale encore plus cruciales.

6.2. La pression fiscale accrue

Les gouvernements successifs ont tendance Ă  augmenter la pression fiscale sur les entreprises. Dans ce contexte, une optimisation fiscale bien menĂ©e n’est plus un luxe, c’est une nĂ©cessitĂ© pour prĂ©server la rentabilitĂ© de ton rĂ©seau de franchises.

6.3. L’exigence des franchiseurs

Les franchiseurs sont de plus en plus exigeants sur la santĂ© financiĂšre de leurs franchisĂ©s. Une trĂ©sorerie mal gĂ©rĂ©e, c’est un risque de fermeture, et donc une perte de redevances pour le rĂ©seau. En structurant ta gestion de trĂ©sorerie, tu donnes des gages de sĂ©rieux Ă  ton franchiseur et tu renforces ta position dans le rĂ©seau.

7. Les erreurs Ă  ne pas commettre selon Marc Delaunay

J’ai demandĂ© Ă  Marc Delaunay de me livrer ses trois erreurs prĂ©fĂ©rĂ©es (oui, il a un sens de l’humour un peu particulier) :

Marc Delaunay : « La premiĂšre erreur, c’est de croire que “ça va passer”. Non, ça ne passe pas. Les flux non dĂ©clarĂ©s, ça finit toujours par se savoir. La deuxiĂšme, c’est de faire sa comptabilitĂ© sur un coin de table avec un tableur Excel. Franchement, en 2026, avec tous les outils de comptabilitĂ© en ligne qui existent, c’est un suicide financier. Et la troisiĂšme, c’est de nĂ©gliger la convention de trĂ©sorerie parce que “c’est trop compliquĂ©â€. Si tu as le temps de gĂ©rer quatre SAS, tu as le temps de signer un contrat qui te protĂšge. »

8. Dialogue avec un franchisé multi-SAS

Moi : Alors Jean-Michel, comment ça se passe avec tes trois SAS ?

Jean-Michel (franchisĂ© dans la restauration rapide) : Franchement, c’est la galĂšre. La SAS 1 est pleine aux as, la SAS 2 est dans le rouge, et je dois emprunter Ă  la banque pour financer la SAS 3. J’ai l’impression de courir aprĂšs mon argent.

Moi : Et tu as une convention de trésorerie entre tes SAS ?

Jean-Michel : Euh
 non. Je fais des virements quand j’en ai besoin.

Moi : Alors laisse-moi te dire que tu es en train de jouer Ă  la roulette russe avec l’administration fiscale. La premiĂšre chose Ă  faire, c’est de structurer ta trĂ©sorerie avec une convention. Ensuite, on regarde pour une holding. Et crois-moi, tu vas dormir beaucoup mieux.

Jean-Michel : Et ça va me coûter cher ?

Moi : Moins cher qu’un redressement fiscal ou des agios bancaires, je te le garantis.

Alors, prĂȘt Ă  passer Ă  l’action ? La gestion des flux de trĂ©sorerie entre tes diffĂ©rentes SAS n’est pas une fatalitĂ©, c’est une opportunitĂ©. Une opportunitĂ© de reprendre le contrĂŽle de ton rĂ©seau de franchises, d’optimiser ta fiscalitĂ© et de prĂ©parer sereinement l’avenir. Comme je le dis souvent Ă  mes clients : Â« Un euro bien gĂ©rĂ©, c’est un euro qui travaille pour toi. Un euro mal gĂ©rĂ©, c’est un euro qui s’envole en fumĂ©e
 ou dans les caisses de l’État. »

La clĂ©, c’est l’anticipation. N’attends pas que tes SAS soient en difficultĂ© pour structurer ta trĂ©sorerie. Mets en place une convention de trĂ©sorerie, rĂ©flĂ©chis Ă  la crĂ©ation d’une holding, et entoure-toi de bons conseils (experts-comptables, avocats fiscalistes) pour sĂ©curiser tes choix. L’optimisation fiscale, ce n’est pas de l’évasion, c’est de l’intelligence Ă©conomique.

Et pour finir sur une note plus lĂ©gĂšre, je te livre le slogan que j’ai inventĂ© pour mes clients franchisĂ©s : Â« TrĂ©sorerie bien ordonnĂ©e, fiscalitĂ© maĂźtrisĂ©e, rĂ©seau rĂ©ussi ! » đŸš€

Parce qu’au fond, ĂȘtre gĂ©rant de plusieurs SAS en franchise, c’est un peu comme ĂȘtre chef d’orchestre. Chaque musicien (chaque SAS) a son rĂŽle, sa partition, son tempo. À toi de faire en sorte que tous jouent en harmonie. Et si tu as un doute, n’oublie pas : mieux vaut un bon expert-comptable qu’un mauvais contrĂŽle fiscal. 😉

Alors, Ă  quand remonte ton dernier audit de trĂ©sorerie groupe ?

FAQ – Questions frĂ©quentes sur l’optimisation fiscale et la gestion de trĂ©sorerie entre SAS

1. Puis-je faire des virements entre mes SAS sans convention de trésorerie ?

Non, c’est fortement dĂ©conseillĂ©. Chaque virement non formalisĂ© peut ĂȘtre requalifiĂ© en acte anormal de gestion par l’administration fiscale, ou en abus de biens sociaux par les tribunaux. Une convention de trĂ©sorerie Ă©crite est indispensable pour sĂ©curiser les flux.

2. Quel est le taux d’intĂ©rĂȘt Ă  appliquer pour un prĂȘt intragroupe ?

Le taux doit ĂȘtre celui du marchĂ©, c’est-Ă -dire un taux comparable Ă  celui qu’aurait obtenu la sociĂ©tĂ© emprunteuse auprĂšs d’un Ă©tablissement bancaire pour un prĂȘt de mĂȘme nature et de mĂȘme durĂ©e. L’administration fiscale publie chaque trimestre des taux de rĂ©fĂ©rence qu’il est prudent de suivre.

3. Une holding SAS peut-elle ĂȘtre imposĂ©e Ă  l’IR ?

Oui, une SAS peut opter pour l’impĂŽt sur le revenu (IR) pendant les 5 premiĂšres annĂ©es, sous certaines conditions (sociĂ©tĂ© non cotĂ©e, dĂ©tenue majoritairement par des personnes physiques, etc.). Mais pour une holding qui perçoit des dividendes, le rĂ©gime de l’IS avec le bĂ©nĂ©fice du rĂ©gime mĂšre-fille est gĂ©nĂ©ralement plus avantageux.

4. Qu’est-ce que le rĂ©gime mĂšre-fille ?

C’est un rĂ©gime fiscal qui permet Ă  une sociĂ©tĂ© mĂšre de bĂ©nĂ©ficier d’une quasi-exonĂ©ration d’IS sur les dividendes perçus de ses filiales (95 % des dividendes sont exonĂ©rĂ©s). Pour en bĂ©nĂ©ficier, la mĂšre doit dĂ©tenir au moins 5 % du capital de la filiale depuis au moins 2 ans.

5. Puis-je utiliser la trĂ©sorerie d’une SAS pour financer l’ouverture d’un nouveau point de vente ?

Oui, Ă  condition que cela soit formalisĂ© dans une convention de trĂ©sorerie ou via un prĂȘt intragroupe avec un taux d’intĂ©rĂȘt de marchĂ©. Il est Ă©galement possible de passer par une holding qui centralise la trĂ©sorerie et finance les nouveaux projets.

6. Quels sont les risques en cas de non-respect des rĂšgles ?

Les risques sont multiples : redressement fiscal avec pĂ©nalitĂ©s, requalification des flux en salaires dĂ©guisĂ©s ou en dividendes occultesabus de biens sociaux (pouvant aller jusqu’à des peines d’emprisonnement), et exercice illĂ©gal de l’activitĂ© bancaire.

7. Comment choisir entre SAS et SARL pour mes différentes structures ?

La SAS offre une plus grande flexibilitĂ© statutaire et un rĂ©gime social plus favorable pour le prĂ©sident (assimilĂ© salariĂ©, mais sans assurance chĂŽmage). La SARL peut ĂȘtre plus adaptĂ©e pour des structures Ă  petit nombre d’associĂ©s. Le choix dĂ©pend de ta stratĂ©gie globale et de tes objectifs fiscaux.

8. L’optimisation fiscale est-elle lĂ©gale ?

Oui, l’optimisation fiscale consiste Ă  utiliser les dispositions lĂ©gales existantes pour minimiser sa charge fiscale. Elle se distingue de l’évasion fiscale, qui est illĂ©gale. Toutes les stratĂ©gies Ă©voquĂ©es dans cet article sont parfaitement lĂ©gales, Ă  condition d’ĂȘtre correctement documentĂ©es et mises en Ɠuvre.

9. Ai-je besoin d’un expert-comptable pour mettre en place une convention de trĂ©sorerie ?

Absolument. La rĂ©daction d’une convention de trĂ©sorerie et la mise en place d’une holding nĂ©cessitent des compĂ©tences juridiques et fiscales pointues. Un expert-comptable ou un avocat fiscaliste saura te guider et sĂ©curiser tes choix.

10. Quelle est la diffĂ©rence entre une convention de trĂ©sorerie et un compte courant d’associĂ© ?

Le compte courant d’associĂ© est un compte personnel entre un associĂ© et sa sociĂ©tĂ©. La convention de trĂ©sorerie est un accord entre sociĂ©tĂ©s d’un mĂȘme groupe. Les deux peuvent coexister, mais ils n’ont pas la mĂȘme finalitĂ© ni les mĂȘmes rĂšgles fiscales.

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