L’économie circulaire n’est plus une simple tendance, c’est une révolution silencieuse qui transforme en profondeur les modèles d’affaires. Dans le secteur de l’optique, cette mutation prend une forme particulièrement fascinante avec l’émergence de la seconde main et du reconditionnement de montures vintage au sein des magasins franchisés. Alors que le marché mondial de la seconde main a généré 105 milliards d’euros en 2024 et devrait dépasser les 300 milliards d’ici 2027, les réseaux de franchises optiques français s’emparent de cette opportunité avec une vigueur remarquable. De Zac à Atol, en passant par Krys et Optic 2000, les enseignes franchisées réinventent leur offre pour répondre à des consommateurs de plus en plus sensibles à l’impact environnemental de leurs achats. Aujourd’hui, je te propose de plonger au cœur de cette dynamique qui redessine le visage de la franchise optique et ouvre des perspectives inédites pour les franchisés audacieux.
La seconde main dans l’optique : une révolution silencieuse mais puissante
Un marché en pleine expansion
Quand je regarde les chiffres, je suis littéralement soufflé. Le marché français de la seconde main est passé d’environ 1 milliard d’euros en 2018 à plus de 6 milliards en 2023. Et ce n’est que le début ! Selon une étude récente, 7 Français sur 10 pensent acheter davantage de produits d’occasion dans les cinq prochaines années. Les Millennials et la génération Z sont les principaux moteurs de cette tendance, intégrant la consommation circulaire dans leur quotidien comme une évidence.
Dans le secteur spécifique de l’optique, cette dynamique est particulièrement palpable. Près de 20 millions de paires de lunettes sont achetées chaque année en France, et des millions de montures dorment inutilement dans les tiroirs. C’est ce gisement inexploité que les réseaux de franchises ont décidé de valoriser.
Des acteurs majeurs s’engagent
Les grandes enseignes d’optique ne sont pas restées les bras croisés. Prenons l’exemple de Krys, qui a franchi un cap décisif en rachetant à 100 % Seecly, la première marketplace de lunettes reconditionnées. Ce n’est pas un simple partenariat, c’est une véritable déclaration d’intention : faire de la seconde main un pilier stratégique. Avec 1 600 magasins, Krys offre désormais à ses clients des montures reconditionnées équipées de verres signés Krys, avec un suivi optique assuré en magasin.
Autre acteur incontournable, la coopérative Atol a pris une participation au capital de la start-up lilloise Zac, spécialisée dans la collecte et le reconditionnement de montures. Zac, fondée en 2020 par Ophélie Vanbremeersch alors âgée de 21 ans, revendique aujourd’hui près de 574 000 montures sauvées. Ses montures reconditionnées sont vendues entre 49 et 99 euros, et la commercialisation s’organise progressivement dans les 795 magasins Atol répartis sur le territoire français.
Le Groupement Optic 2000 n’est pas en reste avec son programme Revue, qui propose la reprise, la remise en état et la redistribution des lunettes. 35 % des magasins du réseau ont déjà initié la mise en place d’un corner de lunettes solaires de seconde main. Et ce n’est qu’un début.
Pourquoi les franchises optiques se ruent sur la seconde main
Une réponse aux attentes des consommateurs
Tu te demandes peut-être pourquoi soudainement toutes ces enseignes franchisées se passionnent pour la seconde main ? La réponse est simple : leurs clients l’exigent. Les consommateurs d’aujourd’hui ne veulent plus d’une optique jetable. Ils recherchent des produits qui allient style, qualité, prix accessible et respect de l’environnement. Comme le souligne Pauline Marmoyet, fondatrice de Seecly : « Nous voulons proposer à tous nos clients une offre optique qui allie mode, prix, qualité optique et respect de la planète ».
Un levier de différenciation concurrentielle
Dans un marché de l’optique ultra-concurrentiel, la seconde main offre un formidable levier de différenciation pour les franchisés. Proposer des montures vintage reconditionnées, c’est se démarquer des opticiens traditionnels et attirer une clientèle jeune, branchée et engagée. C’est aussi l’occasion de créer un véritable commerce associé autour de valeurs partagées : l’économie circulaire, la réduction des déchets, le soutien à des filières locales.
Un modèle économique vertueux
Sur le plan économique, les marges sont intéressantes. Une monture reconditionnée peut être vendue entre 35 et 99 euros, avec des coûts d’approvisionnement réduits. Le reconditionnement permet de valoriser des produits qui autrement seraient destinés à la poubelle, tout en générant du chiffre d’affaires supplémentaire pour le franchisé. Certains réseaux comme Easy Cash ont même fait de la seconde main leur cœur de métier, avec plus de 140 points de vente en France.
Le reconditionnement de montures vintage : une filière qui se structure
Un cadre réglementaire désormais solide
Le reconditionnement des montures bénéficie désormais d’un cadre réglementaire solide, avec la publication des derniers textes d’application en mars 2025. Cette reconnaissance officielle donne des gages de sérieux aux consommateurs et aux franchisés qui souhaitent s’engager dans cette voie. Des voix s’élèvent même pour réclamer une TVA circulaire à 5,5 % sur les montures reconditionnées, ce qui constituerait un véritable accélérateur pour le secteur.
Des ateliers de reconditionnement labellisés
Zac a été pionnière dans ce domaine en s’appuyant sur des ateliers en réinsertion professionnelle, notamment via le groupe nordiste Vitamine T. Cette approche sociétale renforce la dimension éthique du reconditionnement et crée des emplois locaux. Aujourd’hui, d’autres acteurs suivent cette voie, structurant une véritable filière française du reconditionnement optique.
Des montures vintage au cœur de la tendance
Les montures vintage ont le vent en poupe. Comme le constate Alexandre Préclaire, consultant chez Kilo Shop : « Acheter un produit de seconde main ou d’upcycling est un geste citoyen, et une partie de nos clients vient pour cela. Mais beaucoup viennent chercher des pièces de mode vintage ». Aux États-Unis, des enseignes comme Second Chance Eyewear ou Revival Vintage Eyewear capitalisent sur cet engouement pour les montures « deadstock » – ces modèles fabriqués il y a dix ans ou plus et jamais portés.
Comment les franchisés peuvent-ils intégrer la seconde main dans leur magasin ?
Le corner dédié : une solution clé en main
L’option la plus simple pour un franchisé est d’aménager un corner dédié à la seconde main dans son magasin. C’est la stratégie adoptée par Optic 2000 avec son programme Revue, ou par Easy Cash avec ses shops-in-shop chez Cora. Ces espaces permettent de tester le marché sans bouleverser l’organisation du point de vente. Les clients peuvent déposer leurs anciennes montures, qui seront ensuite reconditionnées et remises en vente.
La formation des équipes : un enjeu crucial
Le succès d’une offre de seconde main repose sur des équipes compétentes. Easy Cash l’a bien compris en lançant une formation en alternance avec l’école NoSchool, délivrant un titre professionnel de Négociateur Technico-Commercial avec une orientation économie circulaire. Comme l’explique l’enseigne : « la croissance du secteur de la seconde main pose la question de la formation des professionnels du secteur à ses métiers spécifiques ». Les franchisés doivent donc investir dans la montée en compétences de leurs collaborateurs.
La collaboration avec des start-ups spécialisées
Plutôt que de réinventer la roue, les franchisés peuvent s’appuyer sur des partenaires experts. C’est la voie choisie par Atol avec Zac, par Krys avec Seecly, ou par Écouter Voir qui propose des montures reconditionnées de marques de luxe à partir de 35 euros. Ces collaborations permettent de bénéficier d’une expertise reconnue et d’un process industriel rodé.
Les défis à relever pour les franchises optiques
La perception du consommateur
Malgré les progrès, certains consommateurs restent réticents à l’idée de porter des lunettes de seconde main. Il faut les rassurer sur la qualité du reconditionnement, l’hygiène, la garantie. Les réseaux de franchises doivent investir dans la communication et la pédagogie pour lever ces freins.
La gestion des stocks et de la logistique
Contrairement aux produits neufs, l’offre de seconde main est par nature hétérogène et imprévisible. Les franchisés doivent apprendre à gérer cette variabilité, à estimer la valeur des montures, à organiser la collecte et le reconditionnement. C’est un métier qui s’apprend, et les têtes de réseau ont un rôle clé à jouer dans l’accompagnement de leurs affiliés.
La rentabilité à long terme
Si les marges sur les produits reconditionnés sont attractives, le modèle économique reste à consolider. Les investissements initiaux (aménagement du corner, formation, partenariats) peuvent être significatifs. Les franchisés doivent donc intégrer la seconde main dans une stratégie globale, en complément de leur offre traditionnelle, et non comme un simple gadget.
🎙️ L’avis de l’expert : Jean-Luc Moreau, consultant en stratégie de franchise
Je m’entretiens avec Jean-Luc Moreau, consultant reconnu dans le secteur de la franchise, qui a accompagné plusieurs réseaux optiques dans leur transition vers l’économie circulaire.
Moi : Jean-Luc, tu suis de près l’évolution des réseaux de franchises optiques. Quel est ton diagnostic sur l’intégration de la seconde main ?
Jean-Luc Moreau : Franchement, c’est une transformation majeure, et elle est encore à ses débuts. Ce qui me frappe, c’est la rapidité avec laquelle les choses bougent. Il y a deux ans, parler de montures vintage en magasin franchisé relevait presque de l’utopie. Aujourd’hui, c’est une réalité concrète. Les enseignes qui ne s’y mettent pas vont prendre un retard considérable.
Moi : Quels conseils donnerais-tu à un franchisé qui hésite à se lancer ?
Jean-Luc Moreau : D’abord, il ne faut pas voir la seconde main comme une menace pour le neuf. C’est un complément, une opportunité de fidéliser une clientèle nouvelle. Ensuite, il faut choisir le bon partenaire. Zac, Seecly, les programmes comme Revue… il y a aujourd’hui des solutions clés en main qui réduisent considérablement les risques. Enfin, il faut communiquer ! Les clients doivent savoir que leur opticien franchisé propose des montures reconditionnées. C’est un argument de vente puissant.
Moi : Et pour les têtes de réseau ?
Jean-Luc Moreau : Leur rôle est d’accompagner, de former, de structurer. Certains réseaux l’ont bien compris, comme Easy Cash avec son partenariat avec NoSchool. La formation est un enjeu clé. Un acheteur de produits d’occasion n’a pas les mêmes compétences qu’un vendeur de produits neufs. Il faut savoir estimer, négocier, tester. C’est un métier à part entière.
Moi : Un dernier mot ?
Jean-Luc Moreau : La seconde main dans l’optique, c’est un mouvement de fond. Ceux qui sauront l’embrasser avec sincérité et professionnalisme en sortiront gagnants. Les autres… eh bien, ils regarderont passer le train.
La seconde main dans les franchises : une tendance globale
Aux États-Unis, le modèle s’essouffle… ou se réinvente
Outre-Atlantique, le marché de la revente (resale) est mature. Des groupes comme Winmark Corporation opèrent plus de 1 270 magasins franchisés sous cinq marques, dont Plato’s Closet (vêtements jeunes adultes), Once Upon A Child (enfants) ou Play It Again Sports (articles de sport). Dans l’optique, des acteurs comme Garrett Leight California Optical lancent des initiatives comme « Archives », une collection de montures vintage rares. La tendance est clairement mondiale.
La France, un terreau fertile
La France possède des atouts uniques : un tissu dense de réseaux de franchises, une culture de l’élégance et du style qui valorise les pièces vintage, et une réglementation qui évolue dans le bon sens. Les enseignes franchisées ont donc toutes les cartes en main pour devenir des leaders européens de la seconde main optique.
FAQ : Vos questions sur la seconde main et le reconditionnement en franchise optique
❓ Qu’est-ce qu’une monture reconditionnée ?
Une monture reconditionnée est une paire de lunettes d’occasion qui a été collectée, nettoyée, réparée si nécessaire, et remise en état de fonctionnement. Elle est ensuite vendue avec des verres neufs ou adaptés à la prescription du client.
❓ Où puis-je déposer mes anciennes montures ?
De nombreuses enseignes franchisées proposent désormais des points de collecte : Atol (via Zac), Optic 2000 (programme Revue), Krys (via Seecly), Écouter Voir, et d’autres. Renseigne-toi auprès de ton opticien franchisé.
❓ Les montures reconditionnées sont-elles garanties ?
Oui, dans la plupart des cas. Par exemple, les corners Easy Cash proposent une garantie de deux ans sur tous leurs articles. Les conditions varient selon les réseaux, mais la tendance est à l’harmonisation des garanties avec le neuf.
❓ Est-ce que le reconditionnement est encadré par la loi ?
Depuis mars 2025, le reconditionnement des montures dispose d’un cadre réglementaire solide en France. Les opérations de remise en bon état d’usage sont désormais clairement définies et contrôlées.
❓ Quel est le prix moyen d’une monture reconditionnée ?
Les prix varient généralement entre 35 et 99 euros, selon la marque, l’état et le modèle. C’est significativement moins cher qu’une monture neuve de gamme équivalente.
❓ La seconde main peut-elle cannibaliser les ventes de neuf ?
C’est une crainte légitime, mais l’expérience montre que la seconde main attire une clientèle nouvelle, souvent plus jeune et plus sensible aux prix. Elle complète l’offre sans nécessairement rogner sur le neuf. Certains clients passent même du reconditionné au neuf une fois leur confiance gagnée.
❓ Comment choisir son partenaire reconditionneur ?
Les têtes de réseau ont souvent présélectionné des partenaires de confiance (Zac, Seecly, etc.). En tant que franchisé, tu peux t’appuyer sur ces recommandations. N’hésite pas à visiter les ateliers, à poser des questions sur les process et les garanties.
❓ Quels sont les bénéfices pour le franchisé ?
Un franchisé qui intègre la seconde main dans son magasin bénéficie d’un levier de différenciation, d’une offre élargie, de marges attractives, et d’une image de marque renforcée auprès des consommateurs engagés.
❓ Quels sont les freins pour les consommateurs ?
Les principaux freins sont l’hygiène, la qualité perçue et l’absence de garantie. Les réseaux de franchises travaillent activement à rassurer les clients via des process de reconditionnement rigoureux, des garanties solides et une communication transparente.
❓ La seconde main est-elle vraiment écologique ?
Absolument ! Donner une seconde vie à une monture, c’est économiser les matières premières, l’énergie et l’eau nécessaires à la fabrication d’une monture neuve. C’est aussi réduire les déchets. C’est un geste concret pour la planète.
Alors voilà, tu l’auras compris : la seconde main et le reconditionnement de montures vintage ne sont pas une simple mode passagère. C’est une transformation profonde qui redessine les contours de la franchise optique en France et dans le monde. Les réseaux de franchises qui ont su saisir cette opportunité – Atol, Krys, Optic 2000, Easy Cash – sont en train de bâtir un nouveau modèle, plus vertueux, plus proche des attentes des consommateurs, et économiquement prometteur.
Pour toi, franchisé ou futur franchisé, c’est une occasion en or de te démarquer. Imagine ton magasin : un espace lumineux où cohabitent harmonieusement les dernières tendances du neuf et des pépites vintage soigneusement reconditionnées. Des clients qui viennent non seulement pour acheter des lunettes, mais aussi pour déposer leurs anciennes montures, comme on dépose des livres à la bibliothèque. Une communauté qui se crée autour de valeurs partagées : le style, la qualité, et le respect de la planète.
Bien sûr, il y a des défis. La gestion des stocks, la formation des équipes, la communication… Mais comme me le disait Jean-Luc Moreau, les solutions existent. Les têtes de réseau accompagnent, les start-ups innovent, et les consommateurs sont prêts. Alors, qu’est-ce que tu attends ?
« Une seconde vie pour tes lunettes, une nouvelle vie pour ta franchise. »
