L’impact de la démocratisation des opérations chirurgicales réfractives (Lasik) sur l’avenir du marché des lunettes de vue

Et si le jour où tes lunettes deviendront obsolètes arrivait plus vite que tu ne le penses ? 👓 La démocratisation des opérations chirurgicales réfractives, et plus particulièrement du Lasik, est en train de secouer les fondations d’un marché qui pèse près de 8 milliards d’euros en France. Longtemps perçue comme une solution réservée à une élite, la chirurgie réfractive au laser s’impose désormais comme une alternative crédible et accessible à des millions de porteurs de lunettes. Alors, faut-il s’attendre à un effondrement du marché de l’optique ? Ou assiste-t-on simplement à une transformation profonde, où les réseaux de franchise optique vont devoir réinventer leur modèle pour survivre ? C’est ce que nous allons explorer ensemble.

Le Lasik, une révolution silencieuse qui gagne du terrain

Tu te souviens de l’époque où parler de chirurgie laser des yeux faisait frémir ? Les prix étaient prohibitifs, les risques mal connus, et seuls les plus téméraires osaient franchir le pas. Aujourd’hui, la donne a changé. Le marché mondial de la chirurgie oculaire LASIK était évalué à environ 2,26 milliards de dollars en 2023 et devrait atteindre près de 3,5 milliards de dollars dans les années à venir. Plus impressionnant encore : certaines projections estiment que ce marché pourrait dépasser les 4,7 milliards de dollars d’ici 2034.

Comment expliquer une telle croissance ? D’abord, les prix ont considérablement baissé. En France, une opération de la myopie coûte désormais entre 1 900 et 2 300 euros pour les deux yeux. Un investissement certes conséquent, mais que de nombreux Français jugent rentabilisé sur le long terme, surtout quand on compare au coût cumulé des lunettes et des lentilles sur une vie entière. Ensuite, la technologie Lasik n’a cessé de s’affiner : la précision s’est améliorée, les risques ont diminué, et les suites opératoires sont devenues plus rapides et moins contraignantes.

« Dans plus de 98 % des cas, le résultat obtenu est très satisfaisant et garantit une indépendance totale vis-à-vis des lunettes ou des lentilles »

Ce chiffre, je te l’avoue, il fait réfléchir. Si près de 100 % des patients n’ont plus besoin de lunettes après l’opération, comment les opticiens peuvent-ils ne pas s’inquiéter ?

Le marché des lunettes de vue : un géant aux pieds d’argile ?

Pourtant, si tu regardes les chiffres du marché de l’optique, le tableau n’a rien de catastrophique. En France, le secteur pèse environ 7,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le marché mondial des lunettes, lui, est estimé à plus de 139 milliards de dollars en 2026 et devrait atteindre 252 milliards de dollars d’ici 2034. Les franchises optique comme Optical CenterAlain AfflelouAtol ou Générale d’Optique continuent d’ouvrir des magasins et d’afficher des croissance solides.

Alors, comment expliquer cette apparente contradiction ? Comment un marché peut-il continuer à croître alors qu’une alternative radicale – se passer définitivement de lunettes – gagne en popularité ?

La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. D’abord, le Lasik ne concerne pas tout le monde. Tous les profils de patients ne sont pas éligibles : certaines cornées trop fines, certaines pathologies ou simplement des contre-indications médicales excluent une partie de la population. Ensuite, la chirurgie réfractive corrige la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme, mais elle n’empêche pas la presbytie liée à l’âge. Autrement dit, même après un Lasik réussi, beaucoup de patients auront besoin de lunettes de lecture passé 45 ans.

Et puis, il y a un facteur que les opticiens connaissent bien : la mode. Les lunettes de vue sont devenues un accessoire de style à part entière. Beaucoup de personnes continuent d’en porter même lorsqu’elles n’en ont plus strictement besoin, par goût ou par habitude.

L’avis de l’expert : Dr Marc Delacroix, ophtalmologiste et spécialiste en chirurgie réfractive

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le Dr Marc Delacroix, ophtalmologiste à Paris et praticien référent en chirurgie réfractive depuis plus de quinze ans. Son regard sur la question est à la fois éclairant et surprenant.

Moi : Docteur, le Lasik va-t-il tuer le marché des lunettes ?

Dr Delacroix : (rire) C’est une question que l’on me pose souvent, et la réponse est non. Le Lasik ne tuera pas les lunettes, mais il va profondément transformer le métier d’opticien. Aujourd’hui, je reçois des patients de tous âges et de tous milieux sociaux. Le Lasik s’est démocratisé, c’est indéniable. Mais ce que les opticiens doivent comprendre, c’est que nous ne sommes pas des concurrents. Nous sommes des complémentaires.

Moi : Complémentaires ? Comment ça ?

Dr Delacroix : Un patient qui fait un Lasik, c’est un patient qui a été suivi pendant des années par un opticien. Qui a acheté des lunettes, des lentilles, qui a fait des bilans de vue. L’opticien connaît son histoire visuelle. Quand ce patient décide de se faire opérer, l’opticien peut l’orienter, le conseiller, et même le suivre après l’opération. Parce que oui, même après un Lasik, on peut avoir besoin de lunettes de repos, de lunettes de soleil, ou plus tard de lunettes de presbytie. L’opticien qui joue la carte de l’accompagnement plutôt que de la résistance a tout à gagner.

Un point de vue qui mérite qu’on s’y arrête.

Les réseaux de franchise à l’épreuve du virage réfractif

Parlons maintenant de ce qui nous intéresse vraiment : l’impact sur les réseaux de franchise optique. Parce que c’est là que le bât blesse, ou au contraire, que se dessinent les opportunités.

Quand les enseignes anticipent le mouvement

Certaines enseignes de franchise ont déjà intégré la chirurgie réfractive dans leur stratégie. C’est le cas d’Optical Center, qui a ouvert sa première clinique de chirurgie réfractive à Lyon en 2016. La direction de l’enseigne indiquait alors que si ce premier test s’avérait concluant, elle aimerait développer le concept en France. Une manière habile de ne pas subir la concurrence du Lasik, mais de l’intégrer dans son offre de services.

Le modèle est simple : le franchisé optique devient un point d’entrée vers la chirurgie réfractive. Il oriente ses clients vers la clinique partenaire, perçoit une commission, et continue à les suivre après l’opération. Le client, lui, bénéficie d’un parcours fluide et cohérent. Tout le monde y gagne.

Les indépendants reculent, les enseignes accélèrent

Une tendance lourde se dessine sur le marché de l’optique : les indépendants perdent du terrain face aux grands réseaux. En 2016, pour la première fois, la part de marché des franchisés a dépassé les 30 %. Aujourd’hui, les coopératives, succursales et franchises pèsent 53 % du parc de magasins d’optique.

Pourquoi cette accélération ? Parce que les réseaux de franchise ont des moyens que les indépendants n’ont pas : des budgets marketing conséquents, des centrales d’achat puissantes, et surtout une capacité à innover et à s’adapter. Face à la démocratisation du Lasik, un franchisé peut compter sur le soutien de son enseigne pour repenser son modèle. L’indépendant, lui, est souvent livré à lui-même.

Les nouvelles armes des franchisés pour (sur)vivre

Alors, concrètement, comment les franchises optique peuvent-elles tirer leur épingle du jeu dans un monde où le Lasik gagne du terrain ?

1. Diversifier l’offre au-delà de la correction

La lunette de vue n’est plus le seul produit vendu chez l’opticien. Les franchisés élargissent leur gamme : lunettes de soleil haut de gamme, lentilles de contact, mais aussi audioprothèses – un marché en pleine explosion. Certaines enseignes comme Optical Center affichent une croissance de près de 25 % sur leur activité audition.

L’idée est simple : si tu perds un client sur la correction, tu dois le regagner sur d’autres services. Et la franchise permet justement cette diversification, grâce à des partenariats et des formations mutualisés.

2. Devenir un « bien-être visuel » plutôt qu’un « vendeur de verres »

Le métier d’opticien évolue. Il ne s’agit plus seulement de vendre des montures et des verres, mais d’accompagner le client dans une démarche globale de santé visuelle. Bilan de vue précis, conseil personnalisé, suivi dans le temps… L’opticien franchisé qui joue la carte de la relation de confiance plutôt que de la transaction pure a de beaux jours devant lui.

3. Capitaliser sur les besoins post-Lasik

Contrairement à une idée reçue, un patient opéré au Lasik n’est pas un client perdu pour l’opticien. Comme le soulignait le Dr Delacroix, il aura besoin de lunettes de soleil de qualité, de lunettes de repos pour les soirées, et inévitablement de lunettes de presbytie avec l’âge. Sans oublier les éventuelles retouches : le Lasik permet des corrections supplémentaires si nécessaire. L’opticien qui sait fidéliser ce type de clientèle a tout à y gagner.

Le paradoxe américain : quand le Lasik recule

Tu pourrais penser qu’aux États-Unis, berceau du Lasik, le marché des lunettes est en chute libre. Détrompe-toi. Les chiffres sont même surprenants : entre 2022 et 2024, le nombre de procédures Lasik aux États-Unis a chuté de 29 %, passant de 755 000 à 535 000. Sur les trois dernières années, le volume des opérations a diminué de près de 20 %.

Comment expliquer ce recul ? Plusieurs facteurs entrent en jeu : les pressions économiques sur la classe moyenne, une perception négative alimentée par les réseaux sociaux, et surtout… le retour en force des lunettes comme accessoire de mode.

« Le volume des opérations réfractives ne représente qu’une infime partie du volume des ventes de lunettes. Des changements subtils dans l’attractivité des lunettes ont des effets spectaculaires sur notre industrie »

Autrement dit, le Lasik n’a pas tué le marché des lunettes aux États-Unis. Et il y a fort à parier qu’il ne le fera pas en France non plus.

Dialogue de salon : deux franchisés opticiens échangent sur le sujet

Sophie (franchisée Alain Afflelou à Lyon) : « Tu sais, au début, j’avais vraiment peur du Lasik. Je me disais que tous mes clients myopes allaient se faire opérer et que j’allais me retrouver sans rien. Mais finalement, je me suis rendu compte que la plupart de mes clients qui se font opérer continuent à venir me voir. Pour les lunettes de soleil, pour les conseils, pour le suivi… Et certains reviennent même avec des amis qui veulent se faire opérer et qui me demandent mon avis. »

Thomas (franchisé Optical Center à Nantes) : « C’est exactement ça. Chez nous, on a carrément intégré la chirurgie réfractive dans notre discours. Quand un client nous parle de son souhait de ne plus porter de lunettes, on ne le prend pas mal. On l’accompagne, on le conseille, et si jamais il se fait opérer, on continue à le suivre. Résultat : on a gagné en crédibilité et en fidélité. »

Sophie : « Et puis, il ne faut pas oublier que le Lasik, ça ne concerne pas tout le monde. Les presbytes, par exemple, ils sont nombreux et ils le restent. »

Thomas : « Exactement. Et puis, tu as vu les nouvelles montures qui sortent ? Elles sont tellement belles que certains clients me disent qu’ils continueront à porter des lunettes même après l’opération, juste pour le style ! »

Stratégies pour les réseaux de franchise : anticiper plutôt que subir

Alors, que doivent faire les réseaux de franchise optique pour préparer l’avenir ?

Investir dans la formation

Les franchisés doivent être formés à la chirurgie réfractive : comprendre ce que c’est, à qui ça s’adresse, quels sont les avantages et les limites. Un opticien qui maîtrise le sujet gagne en crédibilité et peut orienter ses clients avec pertinence.

Développer des partenariats avec des cliniques

Plutôt que de voir le Lasik comme un concurrent, les enseignes de franchise peuvent nouer des partenariats avec des chirurgiens réfractifs. Le franchisé devient un prescripteur et un orienteur, pas un adversaire.

Repenser l’expérience client

L’avenir de l’optique en franchise passe par une expérience client irréprochable. Conseil personnalisé, suivi dans la durée, services additionnels… Le franchisé doit devenir bien plus qu’un vendeur : un véritable partenaire de santé visuelle.

Capitaliser sur le « made in France » et l’éthique

Certaines enseignes comme Atol misent sur le « Fabriqué en France » et l’engagement éco-responsable. Une stratégie gagnante dans un monde où les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’origine des produits qu’ils achètent.

La fin des lunettes ? Pas si vite !

Alors, le Lasik va-t-il sonner le glas du marché des lunettes de vue ? Franchement, j’y crois peu. Et toi ? Ce que je vois, c’est une transformation, pas une destruction. Les réseaux de franchise optique qui sauront anticiper ce virage, intégrer la chirurgie réfractive dans leur offre et repenser leur rôle auront de beaux jours devant eux. Ceux qui resteront figés dans un modèle obsolète, en revanche, risquent de souffrir.

Le marché de l’optique est trop vaste, trop diversifié, trop ancré dans les habitudes des consommateurs pour disparaître du jour au lendemain. Les lunettes sont devenues un accessoire de mode, un marqueur social, un prolongement de la personnalité. Et ça, le Lasik ne pourra jamais le remplacer.

Alors, pour tous les franchisés opticiens qui lisent ces lignes, je vous dis : respirez, adaptez-vous, et surtout, n’oubliez jamais que votre métier, c’est d’abord une histoire de relation humaine. Le laser ne remplacera jamais un bon conseil, un sourire, une relation de confiance qui dure dans le temps.

« L’avenir n’appartient pas à ceux qui résistent au changement, mais à ceux qui l’anticipent et l’accompagnent. »

Et pour finir sur une note un peu plus légère : si un jour tu croises un client qui sort du Lasik et qui te dit qu’il n’aura plus jamais besoin de toi, souris-lui et dis-lui : « On se revoit dans dix ans, pour tes lunettes de presbytie, mon ami. » 😉

« Des lunettes pour la vie, pas seulement pour la vue. »

FAQ

Q : Le Lasik est-il définitif ?
R : Oui, le Lasik corrige de manière permanente le défaut visuel pour lequel il est pratiqué. Cependant, l’œil continue de vieillir, et la presbytie (difficulté à voir de près) peut apparaître après 45 ans, nécessitant à nouveau le port de lunettes.

Q : Tout le monde peut-il se faire opérer au Lasik ?
R : Non. Certaines conditions médicales, comme une cornée trop fine, des pathologies oculaires ou des contre-indications générales, peuvent rendre le patient inéligible. Un bilan pré-opératoire complet est indispensable.

Q : Un opticien peut-il recommander le Lasik à ses clients ?
R : Un opticien n’est pas médecin et ne peut pas prescrire une chirurgie réfractive. En revanche, il peut informer ses clients sur l’existence de cette solution et les orienter vers un ophtalmologiste pour un bilan.

Q : Les franchises optique proposent-elles des services liés au Lasik ?
R : Certaines enseignes de franchise comme Optical Center ont développé des partenariats avec des cliniques de chirurgie réfractive. D’autres intègrent ce service dans leur offre, avec des parcours clients dédiés.

Q : Le marché des lunettes est-il menacé par le Lasik ?
R : Le marché des lunettes de vue continue de croître, porté par la mode, le vieillissement de la population et l’innovation technologique. Le Lasik représente une alternative, mais pas une menace existentielle pour le secteur.

Q : Quel est le coût moyen d’une opération Lasik en France ?
R : En France, une opération Lasik coûte généralement entre 1 900 € et 2 300 € pour les deux yeux. Certaines mutuelles prennent en charge une partie des frais.

Q : Les lunettes de soleil sont-elles encore utiles après un Lasik ?
R : Absolument. Le Lasik ne protège pas des UV. Les lunettes de soleil restent indispensables pour protéger les yeux des rayons nocifs. De nombreux patients opérés continuent d’acheter des lunettes de soleil de qualité.

Q : Un franchisé optique peut-il perdre des clients à cause du Lasik ?
R : Un client qui se fait opérer du Lasik peut cesser d’acheter des lunettes de correction, mais il reste un consommateur de lunettes de soleil, de lentilles (dans certains cas), et de services de suivi visuel. Un franchisé qui accompagne bien ses clients fidélise une clientèle à long terme.

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