Tu as déjà ouvert ton placard et découvert une montagne de vieilles lunettes qui ne te servent plus ? Moi aussi. Et si je te disais que ces paires oubliées représentent à la fois un gâchis monumental et une opportunité en or pour les réseaux de franchise ? Chaque année en France, entre 13 et 16 millions de paires de lunettes sont vendues. Pendant ce temps, des millions de montures dorment dans nos tiroirs. Pourtant, une véritable révolution silencieuse est en marche dans les magasins d’optique en franchise. De Krys à Atol en passant par Optic 2000, les réseaux pionniers transforment leurs points de vente en véritables centres de collecte et de recyclage de lunettes usagées. Et ce n’est pas juste un geste écolo – c’est un modèle économique qui redessine les contours de la franchise optique.
Pourquoi les lunettes usagées sont-elles un enjeu stratégique pour la franchise ?
Je te pose la question : qu’advient-il de tes anciennes lunettes quand tu en achètes de nouvelles ? La réponse, pendant longtemps, a été « rien du tout ». Elles finissaient à la poubelle ou dans un tiroir. Seulement 10 % des lunettes usagées étaient recyclées. Un chiffre ahurissant quand on sait que le secteur de l’optique génère des tonnes de déchets plastiques et métalliques chaque année.
Mais les choses changent. Et vite. Les réseaux de franchise, par leur maillage territorial et leur capacité à déployer des politiques uniformes à grande échelle, sont en première ligne. Ils ont compris que la collecte de lunettes usagées n’est pas qu’une question d’image : c’est un levier de fidélisation client, un argument RSE puissant et, surtout, une nouvelle source de revenus avec le reconditionné et le recyclage matière.
« Le potentiel du reconditionné est réel, à condition de structurer la filière avec rigueur et exigence », souligne un communiqué d’Atol.
La collecte en magasin : le premier maillon d’une filière vertueuse
Un geste simple pour le client, un levier puissant pour le franchisé
Quand tu entres dans un magasin d’optique aujourd’hui, tu ne vois pas forcément la boîte de collecte qui trône discrètement à l’entrée. Pourtant, elle est devenue l’outil central d’une stratégie de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) de plus en plus structurée.
Les enseignes de franchise multiplient les points de collecte. Zac, par exemple, a déployé ses boîtes dans plus de 100 bureaux de poste et chez 250 opticiens partenaires. Et ce n’est qu’un début. Le réseau Atol, avec ses 795 magasins, va permettre d’accélérer massivement la collecte. Chez Optic 2000, 100 % du réseau est désormais engagé dans le don, le recyclage et la réparation.
La collecte, un acte engageant
Je m’arrête un instant sur ce qui se passe dans la tête du client. Déposer ses anciennes lunettes dans une boîte, c’est un acte citoyen qui crée un lien émotionnel avec la marque. Le client ne se contente plus d’acheter : il participe à une démarche. Et ça, les réseaux de franchise l’ont bien compris. Chaque paire déposée est une occasion de dialogue avec l’opticien, de conseil, et potentiellement de nouvel achat.
Les deux voies de valorisation des lunettes usagées
1️⃣ La voie humanitaire : donner une vision à ceux qui n’en ont pas
L’un des débouchés historiques des lunettes collectées reste le don humanitaire. Des associations comme Medico Lions Clubs sont présentes dans plus de 200 pays et reçoivent des lunettes usagées pour les redistribuer. La Fondation Krys collecte depuis 2007 les lunettes pour les confier à ses associations partenaires qui les remettent en état avant de les expédier.
Mais attention, toutes les lunettes ne sont pas réutilisables telles quelles. Une paire de lunettes doit être en bon état, avec des verres adaptables, pour pouvoir être donnée. C’est là que le tri en magasin prend tout son sens.
2️⃣ La voie du recyclage matière : transformer les déchets en ressources
Quand les lunettes sont trop abîmées pour être réutilisées, elles entrent dans une filière de recyclage. Les montures sont broyées, les métaux séparés, les plastiques transformés en matières premières secondaires. En 2024, sur le million de lunettes collectées dans le réseau Krys, 96 % ont été recyclées en matières premières. Chez Optic 2000, entre 2015 et 2025, ce sont plus de 90 tonnes de plastiques qui ont été recyclées.
Les réseaux de franchise pionniers : une course à l’innovation
🔵 Atol et Zac : une alliance stratégique pour le reconditionné
Parlons d’abord d’Atol. La coopérative a fait un pari audacieux en entrant au capital de Zac, une start-up lilloise spécialisée dans le reconditionnement de montures. Créée par Ophélie Vanbremeersch à seulement 21 ans, Zac revendique aujourd’hui 573 596 montures sauvées.
« Notre engagement dans Zac reflète notre volonté de structurer une filière durable et exigeante », déclare Éric Plat, PDG d’Atol.
Concrètement, les lunettes reconditionnées par Zac seront progressivement commercialisées dans les 795 points de vente Atol. Les montures sont reconditionnées dans des ateliers d’insertion chez Vitamine T à Lesquin, alliant ainsi impact social et écologique.
🔴 Optic 2000 et le programme REVUE : la consécration
Optic 2000 a pour sa part développé le programme REVUE, un dispositif complet autour de la seconde vie des lunettes: réparation, reprise, remise en état, redistribution associative et recyclage. Le programme a été récompensé aux Trophées LSA La Conso s’engage 2025.
Rien qu’en 2024, Optic 2000 a collecté 775 000 paires de lunettes, soit 18 tonnes. Et 35 % des magasins ont déjà installé un corner de lunettes solaires de seconde main.
🟡 Krys et Seecly : la marketplace du reconditionné
Krys Group a fait un autre choix : racheter à 100 % Seecly, la première marketplace française de lunettes reconditionnées. Le groupe intègre ainsi la seconde main comme un pilier stratégique, en s’appuyant sur son réseau de 1 600 magasins.
Les bénéfices économiques pour le franchisé
Tu te demandes peut-être ce que tout cela rapporte concrètement au franchisé ? Je vais être clair : ce n’est pas juste une question d’image.
Premier bénéfice : la fidélisation. Le client qui dépose ses anciennes lunettes revient plus souvent en magasin. Il s’engage dans une relation durable avec l’enseigne.
Deuxième bénéfice : la vente de lunettes reconditionnées. Le marché du reconditionné pourrait représenter jusqu’à 10 % des ventes d’ici 2030. Et la demande est là : 47 % des Français se disent prêts à choisir des lunettes reconditionnées.
Troisième bénéfice : la réduction des coûts. En structurant des filières de recyclage, les réseaux diminuent leur dépendance aux matières premières vierges et anticipent les futures réglementations sur la gestion des déchets.
Les défis à relever pour une filière mature
Mais tout n’est pas rose. La filière française du reconditionnement optique en est encore à ses balbutiements. Plusieurs verrous doivent être levés :
- Le remboursement des dispositifs médicaux reconditionnés
- La labellisation des centres agréés
- L’intégration des montures reconditionnées au dispositif 100 % Santé
Les acteurs du secteur se sont réunis fin mai 2026 pour lancer officiellement cette filière et identifier ces priorités.
Une révolution silencieuse qui ne fait que commencer
Alors, je te le demande : la prochaine fois que tu changes de lunettes, que feras-tu des anciennes ? Les laisser prendre la poussière ou les déposer dans une boîte de collecte chez ton opticien ?
Les réseaux de franchise ont compris que la collecte et le recyclage des lunettes usagées ne sont pas une simple lubie écolo. C’est une stratégie gagnant-gagnant : pour la planète, pour les clients, et pour les franchisés. Les donations humanitaires redonnent la vue à ceux qui en sont privés. Le recyclage matière réduit l’empreinte environnementale. Et le reconditionné crée un nouveau marché porteur.
« Seul, on avance plus vite. Ensemble, on va plus loin » – Ophélie Vanbremeersch, fondatrice de Zac
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 13 à 16 millions de paires vendues chaque année, des millions qui dorment dans les tiroirs, et seulement 10 % recyclées. La marge de progression est immense. Et les enseignes de franchise qui s’engagent aujourd’hui dans cette voie seront celles qui domineront le marché de demain.
Et si, pour une fois, l’économie circulaire rimait aussi avec économie tout court ? Je te laisse y réfléchir. En attendant, moi, je vais vider mon tiroir à lunettes et filer chez mon opticien préféré. Et toi, tu fais quoi de tes vieilles montures ?
« Une lunette donnée, une vision retrouvée, une planète sauvée. »
😄 Et si tes vieilles lunettes pouvaient raconter leur histoire, elles te diraient sûrement : « Merci de m’avoir sortie du placard ! »
❓ FAQ – Tout ce que tu dois savoir sur la collecte et le recyclage des lunettes usagées
Q : Où puis-je déposer mes anciennes lunettes ?
R : Dans n’importe quel magasin d’optique partenaire d’un réseau de franchise comme Atol, Optic 2000 ou Krys. Une boîte de collecte est généralement disponible à l’entrée.
Q : Toutes les lunettes sont-elles recyclables ?
R : Oui, mais pas de la même façon. Les lunettes en bon état peuvent être reconditionnées ou données à des associations. Celles qui sont trop abîmées partent en recyclage matière (broyage, séparation des métaux et plastiques).
Q : Qu’advient-il des verres correcteurs ?
R : Ils sont généralement retirés avant le recyclage ou le reconditionnement. Les verres peuvent être recyclés séparément ou, dans certains cas, réutilisés si la correction correspond aux besoins des bénéficiaires des dons humanitaires.
Q : Les lunettes de soleil sont-elles acceptées ?
R : Absolument. De nombreux réseaux, comme Optic 2000 avec le programme REVUE, collectent et reconditionnent spécifiquement les lunettes solaires.
Q : Est-ce que je peux bénéficier d’un avantage en déposant mes lunettes ?
R : Certaines enseignes proposent des offres promotionnelles ou des bons d’achat en échange d’un dépôt. Renseigne-toi auprès de ton opticien.
Q : Le reconditionnement est-il fiable ?
R : Oui. Les montures reconditionnées passent par des contrôles qualité rigoureux. Atol, par exemple, garantit un niveau d’exigence équivalent aux autres gammes.
Q : Les lunettes reconditionnées sont-elles remboursées par la Sécurité sociale ?
R : Pas encore totalement. C’est l’un des défis de la filière : l’intégration au dispositif 100 % Santé est en cours de discussion.
Q : Comment les réseaux de franchise organisent-ils la logistique ?
R : Les magasins collectent les paires, qui sont ensuite acheminées vers des centres de tri ou des ateliers de reconditionnement comme ceux de Zac à Lesquin. Certains réseaux, comme Krys, travaillent avec des partenaires comme TerraCycle pour le recyclage.
