🌍 L’analyse des émissions de GES Scope 1, 2 et 3 dans les chaînes de franchises de sport : le nouveau défi des réseaux

Quand le sport franchisé passe au révélateur carbone

Tu es franchiseur dans le secteur du sport ? Tu gères un réseau de salles de fitness, de centres de foot à 5 ou de clubs de sport ? Alors accroche-toi, parce que le sujet qui arrive risque de bousculer tes habitudes. L’analyse des émissions de gaz à effet de serre (GES) , et plus précisément la déclinaison en Scope 1, 2 et 3, s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour les chaînes de franchises de sport. Longtemps perçue comme une contrainte administrative réservée aux grands groupes industriels, la comptabilité carbone fait désormais irruption dans l’univers dynamique et compétitif de la franchise sportive. Et c’est tant mieux, car elle révèle des vérités parfois surprenantes sur l’empreinte réelle de nos activités.

Le décryptage des Scopes : de quoi parle-t-on vraiment ?

Avant de plonger dans le vif du sujet, prenons cinq minutes pour clarifier ces notions qui peuvent sembler barbares. Le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol) a établi une classification désormais universelle des émissions de GES en trois catégories.

Scope 1 : les émissions directes, celles qui sont « sous ton nez »

Le Scope 1 regroupe les émissions directes de gaz à effet de serre, c’est-à-dire celles qui proviennent de sources que ton entreprise possède ou contrôle directement. Concrètement, pour une franchise de sport, cela inclut :

  • La combustion de carburant dans les véhicules de service ou de livraison
  • Les fuites de gaz réfrigérant dans les systèmes de climatisation et de froid
  • La combustion de gaz naturel ou de fioul pour le chauffage des locaux

C’est le périmètre le plus « visible » et le plus facile à mesurer. Mais comme tu vas le voir, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Scope 2 : les émissions indirectes liées à l’énergie

Le Scope 2 concerne les émissions indirectes de GES liées à la consommation d’énergie achetée. Pour un centre sportif franchisé, cela correspond principalement à :

  • L’électricité consommée pour l’éclairage, les équipements, les climatisations
  • La vapeur ou le chauffage urbain achetés

Ici, la bonne nouvelle, c’est que la transition vers des fournisseurs d’énergie verte peut faire chuter radicalement ce poste.

Scope 3 : le grand méchant loup des émissions

Et voilà le vrai défi : le Scope 3 englobe toutes les autres émissions indirectes qui se produisent dans la chaîne de valeur de l’entreprise, en amont comme en aval. C’est le poste le plus volumineux, le plus complexe à appréhender, et celui qui fait aujourd’hui couler le plus d’encre.

Pour une chaîne de franchises de sport, le Scope 3 inclut notamment :

  • Les déplacements des clients pour venir jusqu’à tes centres
  • Les déplacements domicile-travail de tes employés
  • Les achats de produits et services (matériel sportif, équipements, fournitures)
  • Le transport et la distribution des marchandises
  • La fin de vie des produits vendus
  • Et surtout… les émissions des franchises elles-mêmes !

La catégorie 14 du Scope 3 : le talon d’Achille des franchiseurs

Tu l’ignores peut-être, mais le GHG Protocol a dédié une catégorie entière du Scope 3 aux franchises. Il s’agit de la catégorie 14, qui couvre les émissions de GES provenant de l’exploitation des franchises qui ne sont pas incluses dans l’inventaire Scope 1 et Scope 2 du franchiseur.

En clair : les émissions Scope 1 et Scope 2 de chaque point de vente franchisé doivent être ré-attribuées au franchiseur dans son Scope 3. C’est un mécanisme de « re-reporting » qui peut faire très mal si ton réseau est étendu.

Prenons un exemple concret. Une chaîne américaine de fitness comme Planet Fitness a déclaré des émissions Scope 1 d’environ 4,87 millions de kg CO2e, des Scope 2 d’environ 32,55 millions de kg CO2e, et des Scope 3 s’élevant à environ 470,37 millions de kg CO2e. Tu vois le décalage ? Le Scope 3 représente ici plus de 90 % de l’empreinte totale !

Le cas d’école d’UrbanSoccer : quand la franchise sportive prend conscience de son impact

Je te propose de regarder de plus près un exemple français qui illustre parfaitement ces enjeux. UrbanSoccer, leader du foot à 5 en France, a réalisé dès 2019 un large bilan carbone Scope 3 de ses 30 centres. Les résultats sont édifiants : sur un total de 9.400 tonnes de CO2e, 5.620 tonnes provenaient des déplacements en voiture des clients.

C’est plus de 60 % de l’empreinte totale du réseau qui est concentrée sur un seul poste : le transport des utilisateurs. Face à ce constat, UrbanSoccer a déployé toute une série d’actions concrètes :

  • Covoiturage via une plateforme dédiée (StadiumGO)
  • Réduction des bouteilles en plastique au profit de fontaines et gourdes
  • Alimentation bio pour les enfants
  • Vaisselle compostable lors des événements
  • Relamping LED pour réduire la consommation d’électricité
  • Extinction systématique des éclairages sur les terrains non-occupés

Cette démarche montre qu’une franchise éco-responsable peut conjuguer engagement environnemental et performance économique.

Les chiffres qui parlent : pourquoi les franchiseurs de sport doivent agir maintenant

Les données sont sans appel. Une étude sur un club de football italien a montré que les émissions de Scope 3 représentaient 82,8 % de l’impact environnemental total du club, avec les déplacements de l’équipe, l’hébergement, les biens et services achetés et les déplacements du personnel comme principaux contributeurs.

Autre exemple : le club japonais d’Iwaki FC a calculé que ses émissions Scope 3 atteignaient 2.105 tonnes de CO2e, soit environ 94 % de ses émissions totales.

Dans le secteur de la franchise fitness, les enjeux sont similaires. Une étude a montré que les franchises sont une source d’émissions significative pour les organisations sportives.

Le cadre réglementaire : la CSRD et l’obligation de reporting

Si tu penses encore que tout cela est facultatif, détrompe-toi. La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) de l’Union européenne impose à partir de 2026 à toutes les entreprises de plus de 250 salariés de publier un bilan ESG détaillé.

Même si ton réseau n’atteint pas ce seuil, les franchiseurs qui y sont soumis devront collecter les données environnementales de l’ensemble de leurs franchisés. Et crois-moi, ils n’hésiteront pas à répercuter cette exigence dans leurs contrats de franchise.

Le dialogue avec un expert : « Mais par où commencer ? »

Moi : Alexandre, tu es consultant en RSE spécialisé dans les réseaux de franchise. Par où conseilles-tu à un franchiseur sportif de commencer ?

Alexandre Chusseau, directeur de l’agence B52 et expert FFF : « Je leur dis toujours la même chose : ne cherchez pas la perfection dès le départ. Commencez par un bilan carbone simplifié sur un échantillon de vos centres. Identifiez les trois ou quatre postes d’émissions les plus significatifs – et je vous garantis que les déplacements des clients seront dans le lot. Ensuite, fixez-vous des objectifs de réduction réalistes et communiquez dessus. Vos franchisés et vos clients sont de plus en plus sensibles à ces sujets. »

Moi : Et concrètement, comment collecter les données des franchisés ?

Alexandre : « C’est la question à 1 million d’euros ! La plupart des franchiseurs se heurtent à la diversité des situations et au manque de données. Ma recommandation : mettez en place un outil de reporting simplifié, formez vos franchisés, et surtout, montrez-leur l’intérêt économique de la démarche. Une franchise éco-responsable, c’est aussi une franchise qui réalise des économies d’énergie et qui attire de nouveaux clients. »

Les bonnes pratiques pour une franchise sportive bas carbone

1. Agir sur la mobilité des clients (Scope 3)

C’est le poste numéro un. Encourage le covoiturage, favorise l’accès en transport en commun, développe des parkings à vélos sécurisés. Certains réseaux proposent même des réductions pour les clients venant à vélo ou en covoiturage.

2. Optimiser l’efficacité énergétique des centres (Scope 1 et 2)

Le relamping LED, l’isolation, la gestion intelligente de la climatisation et du chauffage sont des investissements rentables. UrbanSoccer a montré la voie en baissant la température des vestiaires à 21°C et des autres pièces à 18°C.

3. Repenser les approvisionnements (Scope 3)

Privilégie les fournisseurs locaux et ceux qui affichent eux-mêmes une démarche environnementale. Réduis les emballages, favorise le vrac, et travaille avec des partenaires engagés.

4. Former et sensibiliser les franchisés

La politique RSE du franchiseur est aujourd’hui un critère déterminant pour 43 % des franchisés au moment de choisir leur réseau. Et 82 % des franchisés observent que leurs clients ont désormais au moins une attente éco-responsable.

5. Communiquer et valoriser les efforts

Les consommateurs sont demandeurs d’informations sur l’origine et la fabrication des produits. N’hésite pas à mettre en avant tes engagements et tes résultats.

Le mot de la fin : une nécessité plus qu’une option

La transition écologique n’est pas une mode passagère. C’est une transformation profonde qui va redessiner les contours de tous les secteurs d’activité, et la franchise sportive n’y échappera pas.

83 % des franchiseurs estiment être des acteurs de la revitalisation des villes. Et 97 % pensent qu’il est important de s’engager en faveur du développement économique local. Il est temps d’ajouter à ces engagements une véritable stratégie de décarbonation.

Les franchises qui sauront intégrer ces enjeux dans leur ADN en sortiront renforcées. Celles qui resteront dans le déni risquent de subir de plein fouet les conséquences réglementaires, mais aussi la défiance de consommateurs de plus en plus exigeants.

 le sport franchisé version 2.0 est en marche

Alors voilà, tu as maintenant toutes les cartes en main pour comprendre les enjeux des émissions de GES Scope 1, 2 et 3 dans les chaînes de franchises de sport. Ce n’est pas un sujet abstrait réservé aux experts en développement durable. C’est une réalité concrète qui impacte déjà ton activité et qui va continuer à prendre de l’ampleur dans les années à venir.

Les exemples d’UrbanSoccer, de Planet Fitness ou des clubs de football professionnels montrent une chose : le Scope 3 est le véritable éléphant dans la pièce. Ignorer les déplacements des clients, les achats de fournitures ou les émissions des franchisés, c’est passer à côté de 80 à 90 % de l’empreinte carbone réelle du réseau. Et c’est aussi passer à côté d’opportunités d’économies et de différenciation concurrentielle.

La CSRD va accélérer le mouvement. Les franchiseurs qui anticipent ces obligations en mettant en place des outils de collecte de données et des plans d’action concrets prendront une longueur d’avance. Ceux qui attendent se retrouveront pris à la gorge par des exigences réglementaires qu’ils ne pourront pas satisfaire du jour au lendemain.

Et puis, il y a l’aspect humain. Parce que derrière les chiffres, il y a des franchisés qui veulent entreprendre autrement, des collaborateurs qui aspirent à travailler pour des entreprises engagées, et des clients qui choisissent de plus en plus leurs marques en fonction de leur responsabilité sociale et environnementale. La franchise sportive a une carte à jouer dans ce nouveau monde : elle peut être un laboratoire d’innovation pour un sport plus durable, plus inclusif et plus respectueux de la planète.

« Une franchise qui carbure au vert, c’est un réseau qui prend de l’avance ! »

Si tes clients continuent à venir en SUV pour faire 30 minutes de sport, rappelle-toi que l’empreinte carbone de leur déplacement dépasse peut-être celle de toute leur séance de cardio. Alors, la prochaine fois que tu vois un client arriver en voiture, dis-toi qu’il a peut-être brûlé plus de CO2 que de calories ! 😉

FAQ : Les réponses à tes questions sur les Scopes 1, 2 et 3 en franchise sportive

Q1 : Qu’est-ce que le Scope 3 Catégorie 14 exactement ?

R : La Catégorie 14 du Scope 3 regroupe les émissions de GES provenant de l’exploitation des franchises qui ne sont pas incluses dans le Scope 1 et le Scope 2 du franchiseur. Concrètement, cela signifie que les émissions directes et énergétiques de chaque point de vente franchisé doivent être ajoutées à l’empreinte carbone du franchiseur.

Q2 : Mon réseau de franchise est petit, est-ce que je suis concerné ?

R : Même si tu n’es pas soumis à la CSRD (plus de 250 salariés), tes franchisés et tes clients sont de plus en plus sensibles à ces enjeux. 82 % des franchisés observent que leurs clients ont des attentes éco-responsables. Agir maintenant, c’est aussi un argument commercial.

Q3 : Comment collecter les données auprès de mes franchisés ?

R : La collecte est le défi majeur. Commence par un questionnaire simplifié sur la consommation d’énergie, les déplacements et les achats. Utilise des factures et des relevés existants. Et surtout, forme et accompagne tes franchisés pour qu’ils comprennent l’intérêt de la démarche.

Q4 : Quels sont les principaux postes d’émissions pour une franchise de sport ?

R : Dans l’ordre : les déplacements des clients (souvent plus de 50 % du total), la consommation d’électricité des centres (éclairage, climatisation, équipements), les achats de matériel et de fournitures, et les déplacements des équipes.

Q5 : Quelles sont les premières actions à mettre en place ?

R : Commence par un bilan carbone simplifié. Ensuite, agis sur les postes les plus significatifs : encourage le covoiturage, passe au LED, optimise la gestion énergétique, et forme tes franchisés aux éco-gestes. La communication sur tes engagements est tout aussi importante.

Q6 : Est-ce que les franchises de sport américaines sont en avance sur le sujet ?

R : Oui, certaines grandes chaînes comme Planet Fitness ou Wendy’s (qui a un modèle de franchise) ont déjà des objectifs de réduction Scope 3. Mais en France, des acteurs comme UrbanSoccer montrent la voie avec des actions concrètes.

Q7 : Quel est le lien entre RSE et Scopes 1, 2 et 3 ?

R : La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) englobe les engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance. L’analyse des Scopes 1, 2 et 3 est l’outil qui permet de mesurer et de suivre l’impact environnemental, socle de toute politique RSE crédible.

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