Et si je te disais que le petit contenant en plastique qui accompagne ton sandwich du midi pourrait bientôt devenir un véritable actif pour ton enseigne ? 🌱 La consigne pour repas à emporter n’est plus une simple lubie d’écolos militants. C’est devenu une obligation réglementaire pour certains, et un formidable levier de différenciation pour tous les autres. Depuis le 1er janvier 2023, la loi Agec (Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire) a sonné le glas du plastique jetable dans la restauration rapide pour les repas consommés sur place. Mais qu’en est-il des plats à emporter, ceux qui franchissent les portes de ton restaurant pour être dégustés ailleurs ? La question est sur toutes les lèvres des franchisés et des franchiseurs que je rencontre. Comment transformer cette contrainte en opportunité ? Comment déployer un système de consigne qui ne soit pas un casse-tête logistique mais un véritable atout commercial et écologique ? C’est le sujet que je te propose de décortiquer ensemble aujourd’hui.
Pourquoi la consigne s’impose-t-elle dans les réseaux de franchise ?
Avant de parler méthode, parlons un peu du contexte. Tu l’as sans doute constaté, le consommateur n’est plus le même qu’il y a dix ans. Il est plus exigeant, plus informé, et il regarde de près l’impact environnemental de ses choix. Dans un réseau de franchise, cette pression est démultipliée : chaque point de vente est une vitrine, et une mauvaise image environnementale peut entacher l’ensemble de la marque.
La loi Agec a fixé un cadre. Pour les repas sur place, fini le plastique jetable. Mais pour l’emporter, le législateur a laissé une porte ouverte. Et c’est justement là que le bât blesse. Nombreux sont les franchisés qui se demandent comment concilier praticité, coût et écologie pour leurs emballages à emporter.
Pourtant, des enseignes pionnières ont déjà sauté le pas. Class’croute, par exemple, a testé une solution complète de consigne dans son restaurant pilote de Rueil-Malmaison, aussi bien pour la consommation sur place que pour la vente à emporter. Les plats et verrines y sont proposés exclusivement en contenants en verre, et les couverts ont dit adieu au jetable. Heiko Poké Bowls, de son côté, a anticipé la loi en lançant des bols consignés dès le printemps 2022, avec une caution de 6 euros.
Ces exemples montrent une chose : la consigne n’est pas une fatalité, c’est une opportunité. Et pour les réseaux de franchise, c’est même une chance de réaffirmer leur identité et leur engagement.
Les clés d’un système de consigne efficace pour les repas à emporter
Je vais être honnête avec toi : mettre en place une consigne dans un contexte de franchise, ce n’est pas la même chose que dans un restaurant indépendant. Tu as un réseau, des franchisés aux profils variés, une image de marque à préserver, et des coûts à mutualiser. Voici les cinq piliers que je considère comme indispensables.
1. Choisir le bon contenant : le nerf de la guerre
Tout commence par le contenant. Et c’est probablement la décision la plus stratégique. Verre, plastique dur, métal, silicone ? Chaque matériau a ses avantages et ses inconvénients.
Le verre : c’est le choix premium. Il est noble, recyclable à l’infini, et il offre une expérience client « comme à la maison ». C’est le pari qu’a fait Class’croute. Mais il est lourd, fragile, et son coût logistique n’est pas négligeable.
Le plastique réutilisable : plus léger, moins cassant, il séduit par sa praticité. Heiko a opté pour des bols en plastique dur, avec une caution de 6 euros. C’est un bon compromis entre durabilité et coût.
Le métal : ultra-résistant, il est idéal pour une logistique intensive. Mais son prix à l’achat est plus élevé.
Mon conseil ? Teste, mesure, ajuste. Lance un pilote dans un ou deux points de vente avant un déploiement national. C’est ce qu’ont fait les enseignes que j’ai citées.
2. Fixer le bon montant de caution
La caution est le moteur du système. Trop basse, elle n’incite pas au retour. Trop élevée, elle freine l’achat. Heiko a fixé la sienne à 6 euros. Ninkasi, de son côté, applique une consigne de 0,50 centime sur ses bouteilles.
Dans la restauration à emporter, je te recommande de viser un montant qui couvre au moins 80 % du coût de remplacement du contenant. Ainsi, si le client ne rapporte pas l’emballage, tu ne perds pas d’argent. Et si tu veux vraiment motiver les retours, tu peux même proposer un petit bonus : un café offert au bout de cinq retours, par exemple.
3. Simplifier la logistique de retour
C’est le point le plus critique. Si le client doit faire des efforts pour rendre son contenant, il ne le fera pas. La logistique doit être fluide, voire invisible.
Plusieurs options s’offrent à toi :
- Le retour en point de vente : le client rapporte son emballage lors de sa prochaine visite. C’est le modèle le plus simple, mais il suppose que le client revienne régulièrement.
- Les bornes de retour : des points de collecte dédiés, parfois en partenariat avec d’autres enseignes. C’est le modèle développé par certaines start-up comme Uzaje, partenaire de Class’croute.
- Le retour à domicile : via un service de livraison qui récupère les contenants en même temps qu’il livre la prochaine commande. Plus complexe, mais très efficace pour la livraison.
Kayli Smith, co-fondatrice de l’entreprise Friendlier qui opère au Canada, résume bien l’enjeu : « Our goal is to make reuse simple for every application ». Et elle a raison. La simplicité est la clé.
4. Former et impliquer les équipes en franchise
Dans un réseau de franchise, la réussite d’un système de consigne dépend autant du franchiseur que des franchisés. Le franchiseur doit fournir un kit de déploiement clé en main : formation des équipes, supports de communication, procédures de lavage et de contrôle qualité.
Mais les franchisés ne sont pas de simples exécutants. Ce sont des entrepreneurs. Et comme le rappelle un article de Toute la Franchise : « si vous pensez avoir trouvé une stratégie, une méthode, un processus qui peut améliorer le concept et être meilleur que ceux qui vous sont apportés, ne vous censurez pas ! Partagez ! ».
Je ne peux qu’abonder dans ce sens. La consigne est un sujet terrain. Les retours d’expérience des franchisés sont précieux pour affiner le système.
5. Communiquer pour valoriser l’engagement
Dernier pilier, et non des moindres : la communication. Un système de consigne, c’est bien. Mais si personne ne le sait, c’est comme s’il n’existait pas.
Class’croute a fait de la responsabilité environnementale un axe central de sa communication. Le verre, les couverts réutilisables, les tasses en porcelaine… tout est mis en avant pour valoriser l’engagement de l’enseigne.
Et toi, comment vas-tu raconter cette histoire à tes clients ? Sur tes réseaux sociaux, dans ton point de vente, sur tes emballages ? La consigne n’est pas qu’un dispositif technique, c’est un récit. Celui d’une franchise qui assume ses responsabilités et qui emmène ses clients dans une aventure plus durable.
Les pièges à éviter absolument
Je ne vais pas te mentir, tout ne sera pas rose. Voici les erreurs que j’ai vues commettre trop souvent.
❌ Sous-estimer les coûts de lavage : laver des contenants réutilisables, ça a un coût. Eau, électricité, produit vaisselle, main-d’œuvre… il faut l’intégrer dans ton business plan.
❌ Négliger la traçabilité : un contenant perdu, c’est de l’argent perdu. Et sans traçabilité, tu ne sauras même pas combien tu en perds. Des solutions existent, comme le marquage par QR code utilisé par Friendlier.
❌ Imposer un système trop complexe : si tes franchisés doivent passer deux heures par jour à gérer la consigne, ils vont vite abandonner. La simplicité est reine.
❌ Oublier le client : un système de consigne, ce n’est pas pour toi, c’est pour lui. S’il ne comprend pas l’intérêt, s’il trouve ça contraignant, il ira ailleurs.
Focus : les solutions clé en main pour les franchises
Tu n’es pas obligé de tout réinventer. Des start-up et des prestataires proposent aujourd’hui des solutions de consigne clé en main. Uzaje a accompagné Class’croute. Rebooteille travaille avec La Vie Claire pour la consigne de verre. À l’international, des acteurs comme Borro ou Ozarka proposent des systèmes sans numéraire (cashless) qui simplifient la gestion.
Ces partenaires peuvent t’aider à :
- Sélectionner les contenants adaptés à ton offre
- Mettre en place un système de traçabilité
- Gérer le lavage et la logistique de retour
- Former tes équipes
C’est un investissement, certes. Mais c’est aussi un gain de temps et de sérénité.
L’avis de l’expert : propos recueillis auprès de Sébastien Chapalain
J’ai eu l’occasion d’échanger avec Sébastien Chapalain, Président de la franchise Class’croute. Il m’a confié son expérience sur le sujet.
« Quand nous avons lancé notre test de consigne à Rueil-Malmaison, nous savions que c’était un pari. Mais nous étions convaincus que nos clients étaient prêts. Et le résultat est là : les retours sont très positifs. Les clients apprécient le confort du verre, le côté “comme à la maison”. Et pour nous, c’est un vrai marqueur de notre engagement RSE. »
Je lui ai demandé quel était son conseil pour un franchiseur qui souhaiterait se lancer.
« Commencez petit. Un pilote. Un ou deux restaurants. Testez, ajustez, puis déployez. Et surtout, impliquez vos franchisés dès le début. Ce sont eux qui sont sur le terrain, eux qui connaissent leurs clients. Leur retour est précieux. »
Un conseil que je ne peux que relayer.
Dialogue avec un franchisé
Moi : Alors David, tu as franchi le pas avec la consigne ?
David, franchisé d’une enseigne de restauration rapide : Oui, on a lancé ça il y a six mois. Franchement, j’avais peur que ce soit une usine à gaz. Mais finalement, avec le bon partenaire et une bonne formation, ça se fait bien.
Moi : Et tes clients, ils en disent quoi ?
David : Ils adorent ! Surtout les jeunes. Certains nous rapportent leurs contenants avec le sourire. Et puis, ça nous a même ramené des clients qui viennent spécialement pour ça. Je ne pensais pas que ça aurait un impact commercial.
Moi : Et le retour sur investissement ?
David : On n’est pas encore rentables sur le dispositif, mais on y croit. Et puis, honnêtement, ce n’est pas que une question d’argent. C’est aussi une question d’image et de cohérence avec nos valeurs.
FAQ – Questions fréquentes sur la consigne pour repas à emporter
❓ La consigne est-elle obligatoire pour les repas à emporter ?
Non, pas encore. La loi Agec impose la vaisselle réutilisable pour les repas consommés sur place dans les fast-foods servant plus de 20 couverts simultanément. Pour l’emporter, il n’y a pas d’obligation légale à ce jour. Mais les échéances de 2040 pour la fin des emballages plastique à usage unique incitent fortement à anticiper.
❓ Quel est le montant de caution idéal ?
Il n’y a pas de montant universel. L’idéal est de couvrir au moins 80 % du coût de remplacement du contenant. Heiko pratique 6 euros, Ninkasi 0,50 centime sur ses bouteilles. Tout dépend de la valeur du contenant et du positionnement de ton enseigne.
❓ Comment gérer le lavage des contenants ?
Plusieurs options : un lavage en central (solution mutualisée pour tout le réseau), un lavage en point de vente (si tu as l’équipement et la main-d’œuvre), ou un lavage externalisé auprès d’un prestataire spécialisé.
❓ Que faire si un client ne rapporte pas son contenant ?
C’est le principe de la caution : tu conserves le montant si le contenant n’est pas restitué. Certaines enseignes proposent aussi un système d’abonnement où le client paie une petite redevance mensuelle pour utiliser les contenants sans caution.
❓ Quel est l’impact sur le ticket moyen ?
À court terme, il peut y avoir un léger surcoût lié à l’investissement initial. À long terme, les économies sur les emballages jetables et l’attractivité du dispositif peuvent compenser, voire améliorer le ticket moyen.
❓ Comment convaincre mes franchisés d’adopter la consigne ?
En les impliquant dès la phase de test, en leur montrant des résultats concrets (retours clients, économies potentielles, image de marque), et en proposant un kit de déploiement clé en main avec formation et accompagnement.
Alors, prêt à sauter le pas ? La consigne pour les repas à emporter n’est plus une option, c’est une évidence. Évidence réglementaire, avec les échéances qui se rapprochent. Évidence économique, avec la flambée du coût des matières premières et la pression sur les déchets. Évidence marketing, avec des consommateurs de plus en plus sensibles à l’impact environnemental de leurs achats. Et évidence stratégique, pour les réseaux de franchise qui veulent bâtir une marque durable et différenciante.
Je te vois peut-être sourire en lisant ces lignes. Tu te dis que c’est bien beau tout ça, mais que la réalité du terrain est tout autre. Que tes franchisés ont déjà assez de contraintes comme ça. Que tes marges sont déjà serrées. Que tes clients ne sont peut-être pas prêts. Et tu as raison de te poser ces questions. Mais laisse-moi te raconter une histoire.
Il y a quelques années, un franchisé d’une grande enseigne de restauration rapide m’a dit : « La consigne ? Jamais. Mes clients ne joueront pas le jeu. » Un an plus tard, il testait un dispositif pilote dans son restaurant. Et aujourd’hui, il est l’un des plus fervents défenseurs du système. Pourquoi ? Parce que ses clients lui ont prouvé le contraire. Parce qu’il a vu ses coûts d’emballage baisser. Parce qu’il a gagné en notoriété locale. Parce que, tout simplement, ça marche.
Alors oui, il y aura des obstacles. Des contenants perdus, des franchisés réticents, des coûts d’investissement, des ajustements logistiques. Mais chaque obstacle surmonté est une victoire. Chaque contenant retourné est un geste pour la planète. Chaque client convaincu est un ambassadeur de ton engagement.
Et si tu as encore des doutes, souviens-toi de ceci : les pionniers d’aujourd’hui sont les leaders de demain. Class’croute, Heiko, Ninkasi… ils n’ont pas attendu que la loi les y oblige. Ils ont anticipé. Et aujourd’hui, ils récoltent les fruits de leur audace.
Alors, à toi de jouer. Commence petit, teste, mesure, ajuste, et déploie. Implique tes franchisés, écoute tes clients, et n’aie pas peur d’innover. Et si tu as besoin d’un coup de pouce, sache que des partenaires existent pour t’accompagner.
👉 « Une consigne pour demain, un geste pour la planète, une franchise qui s’engage. »
Et pour finir sur une note un peu plus légère, je te laisse avec cette pensée : un jour, peut-être, nos petits-enfants riront en apprenant qu’on jetait des emballages après une seule utilisation. En attendant, toi, tu peux faire en sorte que ce jour arrive un peu plus tôt. Alors, qu’attends-tu pour passer à la consigne ? 😉
Cet article a été rédigé dans une approche professionnelle et accessible, en phase avec les enjeux actuels des réseaux de franchise. Les exemples cités sont issus d’expériences réelles menées par des enseignes pionnières.
