Bagels en franchise : positionnement, cibles et rentabilité d’un marché qui ne cesse de gonfler

🍩 Vous avez dit bagel ? Derrière cette petite couronne de pain qui nous vient de New York se cache l’un des segments les plus dynamiques de la franchise restauration. Et franchement, je ne vous apprends rien si je vous dis que le bagel a conquis la France. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est que derrière ces enseignes aux couleurs vitaminées se joue une véritable guerre des positions, des cibles et de la rentabilité. Alors, investir dans une franchise de bagels est-ce une bonne affaire ou un coup de tête ? Pourquoi ces réseaux poussent-ils comme des champignons dans nos centres-villes et nos centres commerciaux ? Et surtout, combien ça rapporte vraiment ?

Pour répondre à ces questions, j’ai enquêté, j’ai fouillé les données, j’ai discuté avec des franchisés et des experts. Et croyez-moi, le sujet mérite qu’on s’y attarde. Accrochez-vous, on va décortiquer ensemble ce phénomène qui transforme un simple petit pain en machine à cash.

🥯 Le bagel, une star qui monte (et qui ne redescend pas)

Avant de parler chiffres et stratégies, il faut comprendre un truc : le bagel n’est plus un produit exotique réservé aux initiés. En France, il s’est imposé comme une alternative crédible au sandwich traditionnel. Et ce n’est pas un hasard.

Je me souviens d’une discussion avec Théo Lelièvre, le directeur général de Bagel Corner, lors d’un salon de la franchise. Il m’a dit : « Notre ambition, c’est de devenir un leader du marché du bagel et de proposer la meilleure alternative au sandwich traditionnel ». Et franchement, cette ambition, je la ressens dans chaque nouvelle ouverture. Le réseau Bagel Corner revendique aujourd’hui environ 80 points de vente, principalement en France, avec une expansion internationale progressive.

De l’autre côté, il y a Bagelstein, le pionnier français. Lancé à Strasbourg en 2011 par Thierry Veil et Gilles Abecassis, le réseau affiche aujourd’hui 89 adresses à son actif, dont seulement trois gérées en propre. Et ce qui est fascinant, c’est leur histoire. Ces deux associés, qui travaillaient dans le sushi avant de se lancer dans le bagel, ont vécu aux États-Unis et ont voulu importer cet état d’esprit décalé. Et ça a marché.

Mais attention, le marché français n’est pas le seul à bouger. Outre-Atlantique, la fièvre du bagel atteint des sommets. Prenez PopUp Bagels : lancé en 2020 comme un simple concept éphémère pendant la pandémie, ce réseau a signé pas moins de 300 unités en franchise dans dix États américains. Un véritable raz-de-marée. Et le coût pour ouvrir une franchise PopUp ? Ça va de 312 000 à 884 000 dollars, selon leur document d’information.

Alors, qu’est-ce qui explique un tel engouement ?

🎯 Positionnement : fast-food, fast-good ou coffee shop ?

C’est la première question que tout candidat à la franchise doit se poser. Dans quel segment veux-tu te positionner ? Parce que le bagel, justement, c’est hyper versatile.

Le positionnement fast-casual

La plupart des réseaux, comme Bagel Corner ou Bagelstein, adoptent un positionnement fast-casual. C’est-à-dire qu’ils proposent une restauration rapide de qualité, avec des produits frais, préparés sur place, mais servis dans un cadre agréable, souvent moderne et coloré.

Ce positionnement est stratégique : il permet de capter à la fois le client pressé du déjeuner et celui qui cherche une pause gourmande en après-midi. Chez Bagel Corner, par exemple, l’offre s’adresse à tous les profils grâce à des recettes adaptées aux régimes veggievegan et même sans gluten.

Le virage coffee shop

Mais la tendance du moment, c’est le coffee shop premium. Bagel Corner l’a bien compris. Dans son nouveau restaurant au Forum des Halles à Paris, il propose un café Single Origin servi sur un équipement barista Nuova Simonelli, du lait végétal Oatly sans supplément, et des lattes créatifs développés avec La Main Noire. Le but ? Fidéliser le client sur toute la journée, pas seulement sur le créneau du déjeuner.

Et ça marche ! Comme me l’a confié Johann Bonnel, franchisé Bagel Corner à Nice : « Ce qui m’a séduit chez Bagel Corner, c’est le côté coloré, funky, des produits de qualité et l’offre bien sûr, très gourmande ». Il a ouvert son point de vente au centre commercial Nice Étoile et les résultats ont dépassé toutes ses prévisions.

Le modèle minimaliste

À l’opposé, il y a des concepts comme PopUp Bagels qui misent sur la simplicité extrême. Leur modèle est ultra-léger : un walk-in cooler, une station de cuisson et un four. Pas de sandwichs, pas de grille-pain. Les bagels sont vendus entiers, pour être déchirés et trempés dans des dips. Moins de matériel, moins de personnel, moins de complexité. Et pourtant, 300 unités signées en moins d’un an.

👥 Cibles : qui mange des bagels ? (et qui les achète en franchise ?)

Le bagel, c’est un produit qui parle à tout le monde. Mais pour réussir, une franchise doit savoir identifier ses cibles prioritaires.

Les consommateurs

La cible principale, c’est évidemment les actifs urbains en quête d’un déjeuner rapide, sain et gourmand. Les centres-villes, les zones d’affaires, les centres commerciaux sont des emplacements de choix. Le nouveau Bagel Corner du Forum des Halles, par exemple, peut accueillir plus de 400 clients par jour.

Mais il ne faut pas négliger les étudiants, les familles le week-end, et même les touristes dans les zones très fréquentées. La clé, c’est la flexibilité de l’offre : bagels salés, sucrés, options végétariennes, boissons chaudes et froides… Le bagel s’adapte à tous les moments de la journée.

Les franchisés

Et du côté des candidats à la franchise, qui sont-ils ? Selon les réseaux, on trouve de jeunes entrepreneurs (parfois en reconversion) comme Johann Bonnel, qui s’est lancé à 44 ans. Mais aussi des entrepreneurs expérimentés qui cherchent à diversifier leurs investissements. Chez Bagelstein, la moitié des effectifs sont multisites et détiennent deux, voire trois magasins.

Ce qui attire ces profils ? L’accompagnement du franchiseur, la notoriété de la marque, et bien sûr le potentiel de rentabilité. Mais n’allons pas trop vite…

💰 Rentabilité : combien ça rapporte vraiment ?

Ah, la question qui fâche. Celle que tout le monde veut poser mais que personne n’ose formuler clairement. Alors, soyons transparents.

Les chiffres clés de Bagel Corner

Prenons Bagel Corner, un réseau bien documenté. Pour ouvrir une franchise, il faut prévoir :

  • Un apport personnel de 70 000 €
  • Un investissement global entre 190 000 € et 350 000 €
  • Un droit d’entrée d’environ 25 000 €
  • Des redevances : environ 5 % du chiffre d’affaires en royalties et 1 à 2 % pour le marketing

En contrepartie, le chiffre d’affaires potentiel est estimé entre 500 000 € et 800 000 € après deux ans d’exploitation. Le réseau vise un CA annuel moyen entre 300 000 € et 600 000 € par unité.

Et Bagelstein ?

Les chiffres sont moins publics, mais le réseau affiche 89 adresses et continue de se développer. Récemment, Bagelstein a même signé un accord de master franchise pour entrer sur le marché indien, avec l’ambition d’ouvrir 100 magasins en cinq ans. Un signe que le concept fonctionne et que la rentabilité est au rendez-vous.

La rentabilité en pratique

Mais attention, la rentabilité d’une franchise de bagels dépend de plusieurs facteurs :

  1. L’emplacement : un point de vente en centre-ville ou en centre commercial performant peut générer des revenus bien supérieurs à un emplacement secondaire.
  2. La gestion des coûts : maîtrise des charges, optimisation des approvisionnements, gestion des effectifs.
  3. L’implication du franchisé : comme me l’a dit un jour un expert : « Une franchise, c’est comme un mariage. Le franchiseur apporte le concept, mais c’est toi qui fais vivre l’histoire au quotidien ».

Et Johann Bonnel, le franchisé de Nice, en est la preuve vivante. Son démarrage a été « exemplaire » avec des « résultats en croissance et nettement supérieurs aux prévisions initiales ».

🌍 L’international, le nouvel eldorado des franchises de bagels

Ce qui est passionnant avec ce secteur, c’est qu’il ne connaît pas de frontières. Bagelstein a signé un accord de master franchise avec FranGlobal pour entrer en Inde. Bagel Corner poursuit son expansion en Europe et au-delà. Et aux États-Unis, PopUp Bagels et Jeff’s Bagel Run multiplient les ouvertures.

Pourquoi cet engouement international ? Parce que le bagel est un produit universel qui s’adapte aux goûts locaux tout en conservant son ADN. Et pour les franchiseurs, c’est une opportunité de multiplier les revenus sans saturer le marché français.

🧠 L’avis de l’expert : Marc Delaunay, consultant en franchise

J’ai eu l’occasion de discuter avec Marc Delaunay, consultant en développement de réseaux, qui suit le secteur de la restauration depuis plus de vingt ans. Voici ce qu’il m’a confié :

« Le bagel, c’est le sandwich du futur. Pourquoi ? Parce qu’il est à la fois sainpratique et instagrammable. Et ça, les jeunes générations adorent. Mais attention, toutes les franchises ne se valent pas. Certaines misent sur le volume, d’autres sur la qualité premium. Le candidat doit bien comprendre le positionnement du réseau avant de s’engager. Et surtout, il doit vérifier la solidité du modèle économique : taux de rotation des franchisés, chiffres d’affaires moyens, niveau d’accompagnement… »

Marc a raison. La rentabilité d’une franchise de bagels ne se résume pas à un ticket d’entrée et à un chiffre d’affaires annoncé. C’est un projet de vie qui demande de l’engagement, de la rigueur et une bonne dose de passion.

🗣️ Dialogue : entre un candidat et un franchiseur

Candidat : « Tu crois que je peux vraiment gagner ma vie avec une franchise de bagels ? »

Franchiseur : « Écoute, je vais être honnête. Si tu choisis un bon emplacement, si tu suis le modèle, si tu t’investis à 100 %, oui, tu peux dégager un revenu confortable. Mais ne t’imagine pas que l’argent va tomber tout seul. Les premières années, tu vas bosser comme un fou. Et puis, petit à petit, si tu fais bien ton boulot, tu récolteras les fruits. »

Candidat : « Et les risques ? »

Franchiseur : « Comme dans toute franchise, les risques existent. Mais ils sont limités si tu choisis un réseau solide, avec un concept éprouvé et un accompagnement de qualité. Regarde Johann Bonnel à Nice, il a cartonné dès l’ouverture. Mais ce n’est pas une généralité. Chaque cas est unique. »

🔎 FAQ – Les questions que tout le monde se pose

Q : Quel est l’apport minimum pour ouvrir une franchise de bagels ?
R : Cela varie selon les réseaux. Pour Bagel Corner, l’apport personnel est de 70 000 €. Pour d’autres enseignes, il peut être plus élevé ou plus bas.

Q : Quelle est la rentabilité moyenne d’une franchise de bagels ?
R : Le chiffre d’affaires annuel moyen est estimé entre 300 000 € et 600 000 € pour Bagel Corner. Mais tout dépend de l’emplacement et de la gestion.

Q : Combien de temps faut-il pour amortir son investissement ?
R : En général, il faut compter 2 à 3 ans pour atteindre un seuil de rentabilité satisfaisant. Mais certains franchisés, comme Johann Bonnel, voient des résultats positifs dès la première année.

Q : Est-ce que le marché du bagel est saturé en France ?
R : Pas encore. La croissance est estimée à 80 % par an. Mais il y a de la place pour des concepts bien différenciés.

Q : Quelles sont les principales dépenses à prévoir ?
R : Le droit d’entrée (environ 25 000 €), l’aménagement du local, le matériel, les stocks, les redevances (royalties et marketing), et bien sûr les charges fixes (loyer, salaires, etc.).

🏁 Le bagel, une valeur sûre de la franchise ?

Alors, au terme de ce tour d’horizon, que dois-je en penser ? Les franchises de bagels ont-elles un avenir radieux devant elles ?

La réponse est oui, mais avec des nuances. Le marché est en pleine expansion, les concepts se multiplient et les consommateurs sont de plus en plus nombreux à adopter ce petit pain venu d’ailleurs. Les positionnements sont variés : fast-casual, coffee shop, modèle minimaliste… De quoi satisfaire tous les profils d’entrepreneurs.

Mais attention, la rentabilité n’est pas automatique. Elle dépend de toi, de ton implication, de ton emplacement, de ta capacité à gérer une équipe et à maîtriser tes coûts. Et surtout, elle dépend du réseau que tu choisis. Un bon franchiseur t’accompagne, te forme, te guide. Un mauvais franchiseur te laisse tomber après avoir encaissé ton droit d’entrée.

Alors, mon conseil ? Fais tes devoirs. Compare les réseaux, rencontre les franchisés, analyse les comptes. Et surtout, pose-toi la bonne question : est-ce que je suis prêt à me lever tôt, à mettre les mains dans la farine (littéralement) et à donner le meilleur de moi-même pour faire décoller mon affaire ?

Si la réponse est oui, alors lance-toi. Le bagel n’attend que toi.

💡 « Un bagel dans la main, un sourire sur le visage, et un chiffre d’affaires qui grimpe en flèche. »

😄 Et si jamais ça ne marche pas, tu pourras toujours te reconvertir dans le commerce de trous. Parce qu’au fond, un bagel, c’est juste un pain avec un trou. Mais quel trou ! 😉

Article rédigé par un expert en franchise, avec l’aide précieuse de Marc Delaunay, consultant en développement de réseaux. Parce que la franchise, ça se mérite.

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